Le nombre d'inscrits à Pôle Emploi a baissé de façon spectaculaire, comme jamais depuis 20 ans. Mais la fiabilité de ces chiffres est contestée, y compris au ministère...

Le nombre de chômeurs inscrits a fortement baissé en septembre
Le nombre de chômeurs inscrits a fortement baissé en septembre © Maxppp / Julio Pelaez

La popularité de François Hollande est en berne (4% d'opinions positives selon le CEVIPOF), mais les chiffres du chômage sont une lueur d'espoir pour lui et les Français. Sur trois mois il diminue de 1 %, soit 35 200 inscrits en moins.

Mais se baser sur le nombre d'inscrits à Pôle Emploi est-il vraiment fiable ? Hausse au mois d'aout, baisse en septembre, sans compter les 39% de chômeurs qui sortent des listes parce qu'ils ne se sont pas actualisés, sans qu'on sache vraiment pourquoi...

Le patron de Pôle emploi lui-même le reconnait : ses statistiques ne sont plus très crédibles. Si l'on oublie d'envoyer un texto pour rappeler aux chômeurs de s'actualiser, ou bien si le mois comptait un jour de plus, cela peut fausser tous les chiffres. D'où l'idée récente des sénateurs : produire un nouvel indicateur mensuel, fondé sur les chiffres plus précis du Bureau International du Travail, établis chaque trimestre par l'Insee.

"On nous accuserait de bidouiller"

Faut-il les publier chaque mois, ces chiffres ? La question s'est posée, selon nos informations, quand Myriam El Khomri est devenue ministre. Un conseiller a même écrit une note sur le sujet. Pourtant à l'époque l'idée a été écartée, pour plusieurs raisons :

  • cela coûterait plus cher à produire : 40 millions d'euros supplémentaires, dit le patron de l'Insee.
  • par défaut, se focaliser sur les chiffres trimestriels aurait été dommage. Puisqu'on anticipait une baisse du chômage, et "qu'on aurait eu tort de bouder notre plaisir", explique un conseiller.

Résultat : la ministre affronte chaque mois le yoyo des chiffres. Son entourage trouve aujourd'hui souhaitable un changement de baromètre. Sauf qu'à quelques mois de l'élection, ce serait impossible à quelques mois de l'élection. "On nous accuserait de bidouiller", se désole-t-on au ministère.

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