Pôle emploi
Pôle emploi © Alexis DUCLOS/SIPA

Les principaux leaders syndicaux et patronaux ont rendez-vous ce lundi à Matignon pour échanger avec Manuel Valls et tenter d'obtenir des précisions sur le plan d'urgence pour l'emploi que détaillera François Hollande le 18 janvier.

Première des mesures au centre des discussions : la formation. Lors de ses vœux du 31 décembre, François Hollande a promis que 500 000 chômeurs de plus allaient être formés aux postes non pourvus ainsi qu'aux métiers d'avenir.

Banco répond Jean-Claude Mailly, de Force Ouvrière . Encore faut-il savoir comment financer un tel dispositif qui en tout coûterait environ un milliard d'euros.

Le Gouvernement est prêt à mettre de l’argent sur la table, Pôle emploi peut mettre de l’argent, les partenaires sociaux également, mais il faut se mettre d’accord sur la façon de faire

Jean-Claude Mailly qui rappelle que c'est bien beau de former, encore faut-il des emplois derrière. Et côté syndical, on estime qu'on a déjà beaucoup donné aux entreprises et notamment sur l'apprentissage . C'est maintenant aux employeurs de jouer le jeu explique Laurent Berger de la CFDT.

Alors pour encourager les patrons à créer des postes, le gouvernement pourrait décider de verser une prime à chaque nouvelle embauche. Mais l'idée ne séduit ni le Medef, ni le président de la CGPME François Asselin.

Nous les entrepreneurs ne sommes pas des chasseurs de primes, lorsque on embauche quelqu’un c’est pour longtemps, nous préférons zéro charges pendant les deux premières années d’embauche de toute nouvelle personne recrutée dans une entreprise.

Autre point qui sera largement abordé aujourd'hui : l'apprentissage. François Hollande souhaite pour 2016 "qu'aucun apprenti ne soit sans employeur et qu'aucun employeur ne demeure sans apprenti". Une belle formule pour le patronat qui met au défi le gouvernement de trouver les moyens pour la transformer en acte.

Mobilisation générale contre le chômage

Un patronnat qui a décidé de faire entendre sa voix à la veille de la réunion à Matignon, et ceci dans une lettre ouverte publiée par le Journal du Dimanche. Six organisations patronales ou associations d'entrepreneurs font une fois de plus le constat que la situation actuelle reste celle d'une dégradation "continue" sur le front de l'emploi et demandent à François Hollande une "loi d'urgence" pour relancer l'économie de la France.

Nous demandons (...) l'adoption d'une loi d'urgence permettant de mettre en œuvre dès le premier trimestre 2016 plusieurs mesures essentielles.

Les signataires (les présidents du Medef, de l'Afep, de Croissance Plus, du Cercle de l'Industrie, des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens et du mouvement Ethic) souhaitent que ces mesures d'urgence soient soutenues par l'ensemble des partis politiques pour sonner la mobilisation générale contre le chômage.

Ils proposent cinq mesures-clef, selon eux, à commencer par la mise en place du contrat de travail qu'ils appellent "contrat de travail agile". Ils sont persuadés qu'en facilitant les ruptures de contrat, on lèvera ce qu'ils appellent "la peur d'embaucher". Donc ce nouveau type de contrat de travail devrait stipuler, notamment, un plafonnement des indemnités prud'hommales, mais aussi des motifs de rupture comme par exemple la situation économique de l'entreprise.

Parmi les signataires de la lettre ouverte,Stanislas de Bentzmann, le Président de Croissance Plus . Il a expliqué à Manuel Ruffez pourquoi il faut assouplir les contrats de travail.

Les signataires veulent ensuite une exonération de cotisations sociales patronales pour de nouvelles embauches dans les petites entreprises, pour les apprentis et les contrats de professionnalisation. Des dispositions pour faciliter l'embauche de chômeurs de longue durée, et enfin des mesures pour faciliter toute nouvelle forme d'activité indépendante.

Pas sûr pourtant qu'ils fassent l'unanimité, d'autant que pour les syndicats il n'y a rien de nouveau sous le soleil, comme l'expliqueJean-Claude Mailly

C'est juste une fragilisation pour les salariés et des demandes d'exonération de charges sociales

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