[scald=60257:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont fait preuve d'incivilité à l'égard du Premier ministre grec George Papandréou, qui est "le dos au mur", et devraient discuter avec lui au lieu de lui imposer un ultimatum, a déclaré jeudi Daniel Cohn-Bendit.

A la veille du sommet du G20 à Cannes, le président français et la chancelière allemande ont sommé mercredi soir la Grèce de mettre en oeuvre l'intégralité du plan européen de règlement de sa dette sous peine d'être privée de toute aide.

Le socialiste George Papandréou a semé la consternation parmi ses partenaires européens en décidant d'un référendum sur le plan adopté le 27 octobre.

Les dirigeants français et allemand, qui avaient convoqué George Papandréou mercredi à Cannes, souhaitent que la consultation ait lieu début décembre et porte sur le maintien ou non de la Grèce dans la zone euro.

"C'est vraiment la mauvaise éducation des grands contre les petits. Faire attendre un chef de l'Etat, qui est en difficulté, pendant deux heures devant la porte, faire une conférence de presse sans lui, ça montre qu'il y a un manque de sens de solidarité européenne chez ces grands chefs d'Etat qui s'appellent Sarkozy et Merkel", a estimé Daniel Cohn-Bendit sur France Inter.

L'ultimatum franco-allemand, "c'est malpoli, c'est incivil".

"Si Mme Merkel et M. Sarkozy se demandent pourquoi ils sont si bas dans les sondages, c'est peut-être aussi par ce genre de comportement", a insisté le député Vert européen.

"Je ne sais pas si Mme Merkel et M. Sarkozy sont capables d'entendre un chef d'Etat qui est le dos au mur, parce que lui il veut vraiment sauver son pays", a-t-il ajouté.

Daniel Cohn-Bendit a précisé s'être entretenu mercredi au téléphone avec George Papandréou, dont le projet de référendum est à ses yeux une initiative "courageuse".

"Papandréou est face à des oppositions complètement hypocrites en Grèce et donc on vit aujourd'hui une expérimentation démocratique inconnue", a-t-il analysé.

"Il s'agit de mettre au pas l'opposition parlementaire (conservatrice) qui dit 'on refuse le plan européen' et qui dit aujourd'hui 'mais s'il y a référendum, le plan européen risque de passer à l'as et ça serait un drame pour la Grèce'".

"Donc, le plan est un drame, le refus du plan est un drame. Hypocrisie totale", a estimé Daniel Cohn-Bendit.

"Dans cette situation, la solution est dans la main de 'Merkozy', qui au lieu d'être malpolis comme ils l'ont été encore une fois cette nuit, devraient discuter avec Papandréou: 'Comment on peut vous aider?'", a-t-il poursuivi.

L'eurodéputé suggère d'assortir le plan du 27 octobre d'une clause investissements en faveur de la Grèce.

"Il faut un deuxième volet qu'ils peuvent décider avec la Commission (européenne) rapidement - un volet d'investissements en Grèce", a-t-il expliqué, assurant qu' "il y a de l'argent en Europe".

Car "si l'économie grecque (..) ne repart pas, vous ne pouvez pas rembourser", a-t-il plaidé.

Sophie Louet

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