Les entreprises de plus de 250 salariés ont été sommées mercredi, outre-Manche, de publier les écarts salariaux pratiqués entre les genres. Mais les compagnies qui affichent les plus grandes disparités se défendent : si les femmes sont moins payées, c'est parce qu'elles sont moins nombreuses à des postes rémunérateurs.

Dans certaines compagnies bancaires, comme la HSBC, l'écart à la moyenne entre le salaire des femmes et des hommes est de plus de 50 %.
Dans certaines compagnies bancaires, comme la HSBC, l'écart à la moyenne entre le salaire des femmes et des hommes est de plus de 50 %. © AFP / Frank Fell / Robert Harding Premium / robertharding

Une guerre des chiffres a démarré en Grande-Bretagne entre la Première ministre Theresa May et les entreprises de plus de 250 salariés. Afin de mettre en évidence les disparités salariales pratiquées par ces entreprises entre les hommes et les femmes, le gouvernement a demandé à ces sociétés de publier les écarts salariaux entre leurs effectifs masculins et féminins, qui feront en outre désormais l'objet d'une révision annuelle.

Une publication obligatoire qui a été analysée par Reuters, l'agence de presse soulignant les écarts pratiqués chez HSBC, Virgin Atlantic et dans une filiale de Barclays.

Ces trois sociétés affichent un écart à la moyenne de respectivement 59 % pour la compagnie bancaire, 58 % pour la compagnie aérienne et 48 % pour la filiale de Barclays, par rapport aux données publiées par près de 500 entreprises de 5 000 employés et plus.

Sur les 491 entreprises, ministères, organisations caritatives, autorités locales et ensembles hospitaliers passés au crible, Reuters a déterminé que 97% rémunéraient davantage les hommes que les femmes, le solde de 3% faisant l'inverse. Selon cette même analyse, l'écart salarial moyen entre hommes et femmes est de 15,5 %.

Des chiffres qui masquent le plafond de verre

Mais les entreprises, si elles ont joué le jeu, ne livrent que les données qu'elles souhaitent. On ignore ainsi si ces écarts de salaires sont à fonctions égales ou à ancienneté égale, par exemple.

Pointées du doigt, les grandes banques ont ainsi expliqué que les écarts se justifient par un nombre moins important de femmes à des postes à responsabilité ou dans les salles de marché, tandis que Virgin Atlantic y voit le reflet des disparités salariales entre pilotes - très majoritairement hommes - et les autres métiers d'une compagnie aérienne.

Le Parti travailliste avait le premier mis en place, en 2010, une initiative visant à informer le public sur les écarts de salaire mais était restée sans lendemain après sa défaite aux élections. Theresa May a repris l'idée et lui a donné force de loi l'an dernier. 

"En rendant cette information publique, les entreprises ne pourront plus dissimuler quoi que ce soit", écrit la Première ministre dans le Daily Telegraph. "Actionnaires et clients voudront voir les choses s'améliorer et les entreprises devront assumer leurs responsabilités si elles font défaut". Ce faisant, la Grande-Bretagne imite des pays tels que l'Australie, où l'obligation d'informer existe depuis 2012, et l'Allemagne, mais devra exiger des données plus précises pour espérer faire pression sur les entreprises.

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