Dans son discours de politique générale, le Premier ministre a détaillé comment il allait réaliser les promesses fiscales d'Emmanuel Macron, dans les deux années à venir.

Édouard Philippe a annoncé de nombreuses réformes fiscales
Édouard Philippe a annoncé de nombreuses réformes fiscales © Maxppp / Jérémie Fulleringer

Passer sous les 3 % de déficit à la fin de l'année : l'objectif est particulièrement ambitieux. À titre de comparaison, en 2016 le déficit public s'était établi à 3,4 %, après une baisse de 0,2 points par rapport à 2015. Cette fois, on vise une baisse de 0,4 points minimum, en seulement six mois. Et un passage sous la barre des 3 %, jamais retrouvée depuis dix ans.

Pour y parvenir, il va donc falloir jouer sur les dépenses et les recettes. Et donc, pour ce dernier point, sur la fiscalité. Édouard Philippe a annoncé toute une série de mesures bousculant les impôts existants.

  • Le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), qui fait polémique depuis son entrée en vigueur en 2013 (accusé de coûter cher, 20 milliards d'euros par an, pour un résultat largement inférieur aux espérances en terme d'emploi), va être transformé en baisse de cotisations sociales.
  • Les cotisations salariales maladie et chômage seront supprimées en 2018. Mais leur disparition sera compensée par une augmentation de la CSG. La dernière hausse de la CSG remonte à 1998, sous Lionel Jospin.
  • L'impôt sur les sociétés sera en revanche réduit, pour parvenir à 25 % en 2022 (soit la moyenne européenne). L'impôt sur les sociétés en France est souvent critiqué comme étant trop élevé par rapport à ses voisins européens.

  • L'impôt sur la fortune (ISF) va également évoluer : en 2019, il ne concernera que l'immobilier. Le Premier ministre souhaite que cela incite les plus riches à investir plus dans l'économie réelle et moins dans le patrimoine.

Il y a aussi des éléments de fiscalité dont l'objectif est écologique : la France n'attribuera ainsi plus aucun permis d'exploration d'hydrocarbures, pour arriver à la neutralité carbone en 2025, et va développer la "fiscalité carbone", notamment pour permettre une convergence diesel/essence avant la fin du quinquennat.

Côté dépenses, Édouard Philippe va chercher les économies partout, et en particulier dans les missions de l'État. Il affirme qu'il n'hésitera pas à remettre en cause certaines de ces missions, si le privé peut les fournir au même niveau de qualité, mais sans préciser à quels services publics il pense. Il souhaite également stabiliser la dépense publique en arrêtant l'inflation salariale du public.

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