Le nombre d'arrêts maladie progresse d''environ 4 points par an depuis 2014 et le gouvernement veut savoir pourquoi et comment y remédier. Un rapport est attendu fin octobre, suivi de recommandations à la fin de l'année. Une première partie de ce rapport sera sur le bureau du Premier ministre ce lundi.

Les arrêts maladie dans le collimateur du gouvernement
Les arrêts maladie dans le collimateur du gouvernement © Getty / Illustration / people image

Les arrêts de travail ont augmenté de 15 % depuis 2010 (soit un milliard 100 millions d'euros de dépenses supplémentaires).

Le Premier ministre a annoncé le lancement d'une mission chargée d'expliquer la hausse de ces arrêts maladie tout en jugeant le système actuel "insatisfaisant"

Jean-Luc Bérard, DRH du groupe industriel Safran, Stéphane Seiller, magistrat à la Cour des comptes et Stéphane Oustric, professeur de médecine ont été nommés pour quatre mois afin d'étudier le dossier. 

Quatre missions pour les rapporteurs : 

  • établir un diagnostic
  • donner des pistes d'action sur les causes de ces arrêts de travail
  • améliorer la régulation du dispositif
  • "faire évoluer" le cadre d'indemnisation et de contrôle 

Les + de 50 ans les plus touchés

Les arrêts de travail des salariés de plus de 50 ans représentent plus du tiers de la dépense des indemnités journalières, et ont augmenté de 21% entre 2009 et 2015. Selon l'organisme France Stratégie, ce coût en indemnités journalières est voué à augmenter du fait de la progression du taux d'emploi de cette tranche d'âge.
 

Un effort collectif nécessaire selon le Médef

Le patronat propose des mesures pour mieux contrôler et cibler les médecins prescripteurs d'arrêts maladie à répétition. Car selon le Médef, il serait trop facile et erroné de faire porter le chapeau aux seules entreprises. Le patron des patrons Geoffroy Roux de Bézieux appelle à un "effort collectif" pour maîtriser le coût des indemnisations des arrêts maladie, proposant notamment de renforcer les contrôles de l'Assurance maladie.  

On ne réglera pas le problème par une simple mesure budgétaire, ni en accusant les entreprises de mettre trop de pression sur leurs employés, les médecins de prescrire des arrêts injustifiés ou encore les salariés de profiter indûment du système.

Pour le Médef, il faut un contrôle systématique après le quatrième arrêt prescrit ou la systématisation de la contre-visite médicale à l'initiative de l'employeur.  

Les médecins sceptiques

Ces solutions existent déjà soulignent les médecins. Ces derniers rappellent d'ailleurs que l'essentiel des dépenses est concentré sur les très longs arrêts maladie avec des salariés incapables de s'écouter et qui tirent sur la corde incapable de s'arrêter épuisés les  arrêts durent alors plusieurs mois

Pour éviter le recours à des médecins différents, le numéro un du Medef préconise aussi "un parcours de prescription unique, dans lequel le médecin traitant serait le seul à pouvoir prescrire un arrêt, hors hospitalisation" ainsi qu'un renforcement de l'échange d'informations entre médecine de ville et du travail "pour un meilleur suivi des patients et une meilleure prévention". 

Pointant la disparité des durées d'arrêts maladie en fonction des praticiens et des régions, M Roux de Bézieux  juge "utile d'établir des référentiels de durées d'arrêts, communs à tous, définis par la Haute Autorité de santé".  

Enfin, le Médef estime que si l'on constate trop d'arrêts maladie dans une même entreprise allant au delà de la moyenne nationale ou du secteur d'activité, les pouvoirs publics devraient être alertés et il faudrait imposer à ces entreprises les bonnes pratiques en limitant les arrêts de longue durée et en accompagnant le retour au travail avec le mi-temps thérapeutiques.

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