François Hollande doit dessiner une feuille de route pour rendre la France plus attractive...pour les investisseurs étrangers. Le président de la République organise un haut conseil à l'attractivité à l'Elysée.

Une trentaine de chefs d'entreprises étrangères installées en France sont invités à l'Elysée pour un conseil stratégique de l'attractivité, au terme duquel le chef de l'Etat annoncera des mesures pour rendre le territoire plus accueillant. "Nous n'avons pas peur des capitaux étrangers", a promis François Hollande.

L’enjeu est de taille : les 20 000 entreprises étrangères en France emploient deux millions de salariés. Le reportage de Marion L'Hour

Colloque Les Defis de la Competitivite
Colloque Les Defis de la Competitivite © WOSTOK PRESS/MAXPPP / WOSTOK PRESS/MAXPPP

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a expliqué vendredi que le conseil stratégique de l'attractivité "est une réunion avec des patrons qui viennent de l'ensemble du monde, qui pèsent 850 milliards d'euros, pour les convaincre que la France est un pays où l'on peut investir, où il faut investir".

L'enjeu est dans un premier temps de leur rappeler les réformes engagées par le gouvernement comme le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), la réforme du marché du travail ou de la formation et le "choc de simplification". Dimanche, les dirigeants d'entreprises sont invités à dîner à Matignon avec le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et une dizaine de ministres afin de "créer du lien" avec le gouvernement, selon la formule d'un conseiller. L'idée est d'enclencher un dialogue pour engager de nouvelles mesures, en plus des baisses de cotisations promises dans le cadre du "pacte de responsabilité" et du "choc de simplification".

L'attractivité, c'est une figure obligée pour les gouvernements successifs... Mais avec quel succès ?

L'économiste Élie Cohen était l'invité de Patrick Boyer dans le journal de 13h

Les capitaux étrangers représentent 503 milliards d'euros selon l'Elysée

Le gouvernement prépare des mesures pour assurer un meilleur accueil des expatriés et planche sur des projets comme la relance du CDG Express, une ligne ferroviaire directe entre Paris et l'aéroport de Roissy. Ces efforts interviennent alors que la légère reprise de l'investissement en France a permis d'afficher une croissance meilleure que prévu en 2013, mais toujours poussive (0,3%).

Pour lui donner un nouvel élan, le gouvernement ne peut négliger les capitaux étrangers, qui représentent un stock de plus de 503 milliards d'euros, selon l'Elysée. "Dans l'industrie, un investissement sur trois vient de capitaux étrangers", estime Pierre Moscovici, qui a entendu l'inquiétude formulée en décembre par une cinquantaine de patrons de groupes mondiaux implantés en France. Ces derniers, du cabinet de conseil américain Accenture au groupe industriel allemand Siemens, avaient averti qu'ils leur était de plus en plus difficile de plaider la cause de l'investissement en France devant leur direction devenue méfiante vis-à-vis des perspectives économiques du pays. Le conseil stratégique d'attractivité s'achèvera lundi après-midi par un déplacement du président français à l'usine de production d'insuline de Novo Nordisk de Chartres (Eure-et-Loir).

Pour François Hollande, dont la taxe à 75% sur les revenus supérieurs à un million d'euros fait figure d'épouvantail dans les milieux d'affaires internationaux, l'enjeu est de rectifier le tir. Le président a déjà donné des gages en Californie mercredi, en opérant une réconciliation très médiatique avec les "pigeons", ces jeunes entrepreneurs qui l'accusaient de faire fuir de France les créateurs d'entreprises par une fiscalité confiscatoire.

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