À l’image de Nicolas Sarkozy dans le groupe Accor, qui aurait perçu 80 000 euros du géant de l’hôtellerie en 2018, de nombreuses personnalités sont administrateurs dans des entreprises. Comment sont choisis ces administrateurs et comment sont versées leurs rémunérations, les fameux "jetons de présence" ?

Ce sont les actionnaires qui décident du montant des jetons de présence en assemblée générale.
Ce sont les actionnaires qui décident du montant des jetons de présence en assemblée générale. © Getty / FangXiaNuo

"Transmettre son savoir à l’entreprise, qu’il soit industriel, financier ou juridique", voilà comment Didier Cornardeau résume le rôle d’un administrateur. Il est le président de l'Appac, l’Association des petits porteurs actifs. Ce sont les entreprises qui sollicitent les potentiels administrateurs, qui rejoindront ensuite le conseil de surveillance ou un conseil d’administration. Les jetons de présence correspondent aux les rémunérations des administrateurs, fixées en assemblée générale.

Anciennes figures politiques devenues administrateurs

De nombreuses personnalités sont appelées pour devenir administrateur. Ce fut le cas avec Bernadette Chirac, chez LVHM. "Elle apportait sa réputation surtout. C’est un plus : son mari était président de la République. La notion d’image est très importante" précise Didier Cornardeau. Bernadette Chirac a touché 15 000 euros en 2017 chez LVMH. C’est bien moins que l’ancien ministre Hubert Védrine (56 875 euros). Nicolas Sarkozy, en tant qu’administrateur et président du Comité de la stratégie internationale d’Accor, aurait récolté près de 80 000 euros en 2018 selon Wansquare.

D’autres ex-politiques sont devenus administrateurs. Par exemple, l’ancienne ministre de la Culture Fleur Pellerin participe au conseil d’administration de Schneider Electric. Jean-Pierre Raffarin, lui, a intégré Pierre & Vacances. Les rémunérations sont-elles parfois exagérées ? "C’est aux actionnaires de décider, c’est eux qui ont le pouvoir de décider la globalité des jetons de présence. Si la société perd de l’argent, ils peuvent refuser les jetons" explique le président de l’Association des petits porteurs actifs, Didier Cornardeau.

"Ne pas avoir des administrateurs gagas"

Le passé des administrateurs est scruté, pour éviter que leurs différentes fonctions influent sur leurs rôles au sein d’un conseil d’administration ou d'un conseil de surveillance. Tous les membres doivent lister leurs compétences et donner les mandats qu’ils ont dans d’autres sociétés. Par ailleurs, il est interdit de siéger dans plus de six conseils d’administration. Il est interdit également d’avoir des liens de parenté avec des actionnaires ou des dirigeants de l’entreprise. 

"À 80 ans, un administrateur doit se retirer. Les statuts le prévoient. Il y a un âge limite pour ne pas avoir des administrateurs gagas" clame Didier Cornardeau, président de l'APPAC. "Le conseil d’administration, ce n’est pas une maison de retraite !" Il poursuit : "À partir du moment où vous touchez une rémunération, il faut un apport pour la société. Il faut en finir des administrateurs qui sont seulement là en observateurs. C’est la réputation de l’entreprise qui est en jeu" selon lui. "Les personnes qui sont là pour papillonner ou avoir un titre, ça existe encore mais c’est presque fini."

En France, les entreprises les plus généreuses avec leur administrateurs sont Lafarge, Nokia et ArcelorMittal. Le groupe LafargeHolcim, par exemple, a distribué en moyenne plus de 460 000 euros de jetons de présence l'an dernier.

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