Le constructeur automobile français affiche une perte nette de 141 millions d'euros pour l'année qui vient de s'achever. Ce sont les pires résultats de Renault depuis 10 ans. Le groupe doit présenter d'ici trois mois un plan de redressement qui pourrait bien comprendre la suppression de certaines usines.

La direction s'est fixé l'objectif de réduire les coûts fixes d'au moins 2 milliards d'euros au cours des trois prochaines années
La direction s'est fixé l'objectif de réduire les coûts fixes d'au moins 2 milliards d'euros au cours des trois prochaines années © AFP / Kenzo Tribouillard

"Nous n'avons aucun tabou", a prévenu vendredi Clotilde Delbos, directrice générale par intérim de Renault. Le constructeur automobile français a publié vendredi 14 février ses résultats pour 2019, avec une perte nette de 141 millions d'euros, soit ses plus mauvais résultats financiers en une décennie. Il devrait présenter d'ici au mois de mai un vaste plan de redressement avec l'objectif de réduire ses coûts fixes d'au moins 2 milliards d'euros au cours des trois prochaines années. La direction n'exclut pas de supprimer certaines usines.

Des ventes en recul de 3,4%

L'an dernier, les ventes de la marque au losange ont reculé de 3,4%, à 3,75 millions de véhicules. Secoué par l'affaire Carlos Ghosn, le groupe pâtit également des difficultés financières de son allié japonais Nissan, ainsi que de l'abandon en France d'une créance fiscale qui se traduit par une charge de 753 millions d'euros. 

Renault doit également investir des sommes importantes en recherche et développement pour accélérer l'électrification de ses modèles et respecter les normes fixées par l'Union européenne. "Cela engendre un surcoût que le consommateur n'est pas forcément prêt à accepter dans sa totalité", explique à France Inter Gaëtan Toulemonde, analyste financier la Deutsche Bank. "Une partie de ce surcoût est donc supportée par le constructeur. Au second semestre 2019, cela a représenté pour Renault environ 500 millions d'euros."

Des restructurations en vue 

Pour redresser la barre, la direction de Renault entend donc passer en revue toutes ses activités, afin d'optimiser son outil industriel. "On va revoir tous nos types de coûts et de charges (...) Certains de ces coûts impliqueront des charges de restructurations", a expliqué ce vendredi la directrice générale. 

Le groupe compte actuellement une quarantaine de sites dans le monde, dont 12 usines de production en France (notamment à Sandouville, Dieppe, Maubeuge, Flins, ou encore Villeurbanne). Il emploie sur le territoire hexagonal 48 600 personnes et n'a pas fermé de site français depuis 1992, année de la disparition de l'usine emblématique de Boulogne-Billancourt. 

Renault possède une quarantaine d'usines de production (véhicules et pièces) dans le monde
Renault possède une quarantaine d'usines de production (véhicules et pièces) dans le monde © AFP / KUN TIAN, RIWAN MARHIC

Des effectifs qui ont déjà fondu ces 15 dernières années

"Les restructurations sont déjà réelles depuis une quinzaine d'années", déplore Fabien Gâche, délégué central CGT, au micro de France Inter. "Depuis 2004, on a perdu 25 000 personnes dans les usines françaises." Il dénonce une stratégie "suicidaire" pour l'avenir du groupe. "Renault possède un taux de rentabilité important pour le secteur automobile. On a des moyens financiers, toute la problématique est de savoir comment on les utilise", poursuit le délégué CGT. 

"Si on veut que les clients reviennent et que Renault retrouve des parts de marché, il faut renouveler la gamme. Pour ça, il faut des équipes d'ingénieurs. Ça n'est pas le moment de baisser les efforts en recherche et développement!"

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.