[scald=63697:sdl_editor_representation]par James Mackenzie

ROME (Reuters) - Le président italien Giorgio Napolitano a entamé dimanche matin des discussions formelles en vue de la nomination d'un nouveau gouvernement en remplacement de l'équipe sortante de Silvio Berlusconi, qui a démissionné samedi soir sous les huées du peuple romain.

Selon toute vraisemblance, Napolitano proposera à l'ancien commissaire européen Mario Monti de devenir le président du Conseil et de former un cabinet, de préférence avant l'ouverture des marchés financiers lundi.

Des consultations avec les responsables des groupes parlementaires se sont ouverts peu après 09h00, quelques heures seulement après la fin du rassemblement spontané dans les rues de Rome pour fêter le départ de Berlusconi.

On s'attend à ce qu'elles durent jusqu'en fin d'après-midi. La nomination de Mario Monti pourrait être officialisée aux alentours de 18h00 selon le scénario qui circule à Rome.

La démission du "Cavaliere", qui a gouverné l'Italie pendant dix des dix-sept dernières années, a suivi l'adoption définitive samedi d'une loi d'austérité censée remettre les finances publiques italiennes en ordre.

Comme prévu, Berlusconi a alors présidé son ultime conseil des ministres avant de se rendre dans la soirée au palais du Quirinal pour présenter sa démission au président Napolitano.

La voiture du président du Conseil a dû se frayer un chemin parmi une foule compacte de centaines de Romains qui l'ont copieusement sifflé et ont scandé "Bouffon, bouffon" à son arrivée au Quirinal.

UN AN ET DEMI POUR REDRESSER L'ITALIE

L'incertitude des dernières semaines a fortement pénalisé l'Italie sur les marchés obligataires, et Rome espère désormais que l'arrivée de Mario Monti permettra de rassurer la planète financière.

Ce dernier, nommé la semaine dernière sénateur à vie, a rencontré samedi le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi ainsi que des responsables politiques italiens issus de divers partis. Il a également eu un déjeuner de travail avec Berlusconi.

Pas encore nommé formellement, l'ancien commissaire européen à la Concurrence a d'ores et déjà reçu le soutien des principales formations d'opposition ainsi que celui du parti de Berlusconi, le Peuple de la liberté (PDL), soumis toutefois à conditions et arraché après l'opposition initiale de plusieurs factions internes.

"Au final, c'est le sens des responsabilités qui l'a emporté", a commenté Mario Baccini, député PDL. Le parti soutiendra un gouvernement Monti, a-t-il précisé, tant qu'il s'en tiendra à l'application des réformes décidées par l'équipe sortante avec l'Union européenne.

Les prochaines élections législatives en Italie sont prévues en 2013. Le gouvernement dispose donc d'environ un an et demi pour mener ses réformes, mais devra s'assurer du soutien d'une majorité d'élus au parlement, faute de quoi il pourrait chuter avant cette échéance.

Mario Monti devra composer avec les réticences probables des partis de gauche face à la hausse annoncée de l'âge de la retraite ou l'assouplissement des conditions de licenciement, mais aussi avec l'hostilité potentielle de la droite.

La Ligue du Nord, ancienne alliée de la majorité sortante, a en effet refusé d'apporter son soutien au prochain gouvernement, et de nombreux éléments du PDL restent très réservés.

Les agences de presse italiennes rapportent que Silvio Berlusconi a déclaré à des membres de son parti, avant de quitter le pouvoir, qu'ils contrôleraient l'avenir du prochain gouvernement.

"Nous pouvons débrancher la prise quand nous le voudrons", leur aurait-il affirmé.

Gregory Schwartz et Henri-Pierre André pour le service français

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