Les autoroutes génèrent beaucoup d'argent qui échappe à l'Etat
Les autoroutes génèrent beaucoup d'argent qui échappe à l'Etat © maxppp

Aucune solution n'est écartée dans le dossier des autoroutes, a déclaré mercredi le Premier ministre Manuel Valls, laissant la porte ouverte à une dénonciation des contrats actuels, qu'une majorité de députés PS appellent de leurs voeux.

Le chef du gouvernement a reçu de la part de 152 députés PS et apparentés, soit plus de la moitié du groupe à l'Assemblée, un courrier l'invitant à racheter les concessions signées en 2006 avec Vinci, Eiffage ou Abertis. Ces dernières, qui gèrent des autoroutes directement ou via des filiales, sont pointées du doigt par de nombreux élus, par la Cour des comptes et l'Autorité de la concurrence qui dénoncent une situation de "rente".

Le débat a redoublé de vigueur après l'abandon de l'écotaxe, censée financer les infrastructures de transport, d'autant qu'un nouveau plan de relance autoroutier de 3,2 milliards d'euros, validé par la Commission européenne, est en marche et allongerait de une à quatre années la durée des concessions.

Peu de marge de négociation

L'État cherche les moyens de faire contribuer ces sociétés au financement de grands travaux et de réguler les prix des péages, dont la hausse est prévue par contrat. Des discussions ont été lancées, mais les contrats actuels n'octroient aux pouvoirs publics quasiment aucune marge de négociations, tout prélèvement nouveau devant être compensé.

Interrogé lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée, Manuel Valls a dit n'exclure aucune solution :

Toutes les propositions d'amélioration de la situation seront mises sur table. L'État, la nation, l'intérêt général doivent être pleinement pris en compte. Je vous dis aujourd'hui qu'aucune solution ne doit être exclue, aucune. Il faut une remise à plat totale parce qu'il en va précisément de l'intérêt de l'État.

Compte à rebours

Le Premier ministre a en outre envoyé un signal positif aux députés en souhaitant que les négociations soient conclues avant la fin de l'année. "Le dire a son importance", a-t-il lui-même relevé, dans une allusion à un calendrier de plus en plus serré.

La dénonciation des contrats d'autoroutes ne peut en effet avoir lieu qu'au 1er janvier de l'année et avec un préavis d'un an, ce qui impose à l'Etat, s'il choisissait cette option, de la notifier aux sociétés concernées avant le 31 décembre. C'est ce qu'ont réclamé les 152 députés signataires du courrier adressé à Manuel Valls et daté du 4 décembre.

"L'actuelle discipline budgétaire nous oblige à trouver de nouvelles sources de financement" de la politique de transport, écrivent les députés socialistes. "Il est temps d'agir en procédant au rachat des contrats de concessions autoroutières."

Les sociétés d'autoroutes très rentables.
Les sociétés d'autoroutes très rentables. © Radio France
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