10 milliards d’euros, c’est le manque à gagner pour le tourisme français depuis le début de la crise du coronavirus, affirme au micro de France Inter, Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires Étrangères en charge notamment du tourisme.

Le Louvre, musée le plus visité au monde, ferme "jusqu'à nouvel ordre" ainsi que le château de Versailles.
Le Louvre, musée le plus visité au monde, ferme "jusqu'à nouvel ordre" ainsi que le château de Versailles. © AFP / Lionel Bonaventure

Le manque à gagner pour le secteur du tourisme en France est évalué à "environ 10 milliards d'euros pour les quatre premiers mois de l'année", en raison de la crise du coronavirus, annonce vendredi soir à France Inter et à l'AFP, le secrétaire d'État au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne. 

Le secrétaire d’État en charge du tourisme se dit favorable à une autre mesure qui reviendrait à permettre aux professionnels du tourisme, tour operator ou agence de voyages, de ne plus rembourser directement leurs clients comme le prévoit le code du tourisme, mais de leur remettre des bons d’échanges valables pour le même ou un autre voyage à une autre date. Un système qui a été mis en place en Italie. L’idée serait ainsi de préserver avec ce système la trésorerie des entreprises sans pénaliser les clients.

FRANCE INTER : Le secteur du tourisme est durement touché par la crise du coronavirus...

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE, secrétaire d’État au tourisme : "Le tourisme est une des premières filières touchées, très impactées. D'après nos calculs, le manque à gagner va se monter à environ 10 milliards d'euros pour les quatre premiers mois de l'année pour la filière tourisme. J'étais à Lourdes, jeudi, la deuxième ville hôtelière de France, avec plus de 10 000 lits. Nous avons vu de nombreux pèlerinages annulés, des annulations qui se montent à 60, 70% pour le mois de mars et le mois d'avril. C'est donc considérable. Face à cela, nous avons annoncé avec Bruno Le Maire, un certain nombre de dispositions pour accompagner les entreprises et le président de la République l'a redit jeudi soir : nous ne voulons pas ajouter une crise économique à une crise sanitaire et donc nous allons avoir un plan d'aide massif pour préserver les emplois, préserver les entreprises, préserver les trésoreries." 

FRANCE INTER : Les professionnels du tourisme demandent la mise en place d'un système qui consiste à donner un bon aux voyageurs plutôt qu'à les rembourser. Qu'en pensez-vous ? 

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE, secrétaire d’État au tourisme : "L'idée, c'est de préserver les trésoreries et aider les tours opérateurs, les voyagistes à passer le cap. Donc, effectivement, je pousse l'idée selon laquelle les voyages annulés feraient l'objet d'un avoir, d'un bon qui permettrait à ceux qui ne peuvent plus voyager de différer leurs déplacements de quelques mois. Cette mesure permettrait de sauver les trésoreries de ces entreprises, de sauver les salariés qui y travaillent. Je suis notamment en contact avec la Commission européenne, parce qu'il faut toucher un peu à la législation européenne, mais j'ai senti de l'ouverture et je peux vous dire que je me battrai pour que cette mesure voit le jour. "

FRANCE INTER : Vous fixez un objectif dans le temps pour faire appliquer cette mesure ? 

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE, secrétaire d’État au tourisme : "Il faut que ce soit applicable le plus vite possible. C'est une question de jours. On est dans un combat, je dirais quasiment heure par heure, jour par jour, pour sauver les entreprises. C'est pourquoi le chef de l'État a d'ailleurs souhaité qu'au mois de mars, les prélèvements sociaux et fiscaux ne soient pas faits pour les entreprises. 

FRANCE INTER : Le président de la Fédération de l'aviation marchande disait hier encore que les conséquences pour le tourisme et pour le transport aérien seraient 10 à 20 fois plus importantes que pendant le 11 septembre et pendant la guerre du Golfe. C'est un sentiment que vous partagez ? 

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE, secrétaire d’État au tourisme : "Effectivement, l'impact est massif. On le sait aujourd'hui, la baisse sur les voyages aériens est de l'ordre de 30% au moins et on est dans une dynamique qui s'accroît. Vous l'avez vu, un certain nombre de pays refusent l'accès aux ressortissants européens. Là aussi, notre soutien sera massif à cette industrie. Et puis, peut être que cette crise peut peut-être permettre de repenser notre modèle de développement économique. Vous savez que le mot crise a deux sens : le sens de la menace et le sens de l'opportunité dans sa racine étymologique. Je crois qu'il faut transformer notre modèle économique pour qu'on ait plus de sécurité dans nos approvisionnements, relocaliser de la production en France. Et puis, naturellement, accélérer la transition écologique et solidaire."

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