Les ventes de véhicules électriques s'effondrent en avril. Un recul passager, pour ses défenseurs, qui espèrent qu'Emmanuel Macron tiendra ses promesses pour relever le secteur.

Emmanuel Macron devant une Renault Zoe electrique lors du Salon de l'automobile à Paris, le 15 octobre 2016.
Emmanuel Macron devant une Renault Zoe electrique lors du Salon de l'automobile à Paris, le 15 octobre 2016. © AFP / ERIC FEFERBERG

Les voitures électriques semblaient commencer à s'imposer petit à petit dans le paysage automobile.
Mais après des mois de croissance, les ventes de voitures 100% électriques (particuliers et utilitaires) ont reculé de près de 30% en avril sur un an en France, passant de 2 620 à 1 844 unités, d'après les données de l'Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere).

Ainsi, la star française et européenne, la Renault Zoé, qui reste la plus vendue, ne dépasse pas le millier d'unités commercialisées en avril (939 unités, soit -5,2%). Les ventes de Nissan LEAF (deuxième véhicule électrique le plus vendu), elles, s’effondrent (198 unités, - 59 %).

"Pour l'instant, nous ne sommes pas en mesure d'expliquer le recul d'avril", détaille Antoine Dusart, chargé de communication chez Avere. L'une des hypothèses c'est le retard de livraisons de certaines Zoé pour des problèmes techniques. Mais en attendant de voir les mois suivants, nous restons confiants."

1/3 des automobilistes prêts à passer à l'électrique

L'association souligne que la France est le premier parc de véhicules zéro émission en Europe et que, fin mars, le marché français des véhicules 100% électriques a franchi le cap des 100 000 immatriculations cumulées depuis 2010.

Par ailleurs, d'après une enquête Ipsos de 2016, 35% des automobilistes interrogés seraient prêts à passer à l'électrique.

Une prime à la casse dans le programme d'Emmanuel Macron

Les pro-électriques espèrent aussi que le nouveau président tiendra ses promesses. Emmanuel Macron a ainsi indiqué qu'il voulait maintenir le bonus à l'achat d'un véhicule électrique,un bonus de 6 000 euros (dans la limite de 27% du coût d'acquisition).

La prime à la conversion de 4 000 euros, sous condition de mise à la casse d'un vieux véhicule diesel immatriculé avant le 1er janvier 2006, ne devrait pas non plus être remise en cause.

Emmanuel Macron veut également réintroduire une sorte de prime à la casse, mécanisme apparu en 2007 et supprimé trois ans plus tard.
Dans son programme et sur le site d'En Marche, il est question d'une prime de 1000 euros "pour permettre à tous ceux dont les véhicules ont été fabriqués avant 2001 d’acheter des voitures plus écologiques, qu’elles soient neuves ou d’occasion."

Le programme d'Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle 2017
Le programme d'Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle 2017

Mais les modalités d'application de cette prime de 1 000 euros restent pour l'instant très floues.

Déployer des bornes de rechange et changer la fiscalité du diesel

Emmanuel Macron a aussi promis d'accélérer le déploiement des bornes de recharge, et d'aligner lafiscalité du diesel sur celle de l'essence pendant le quinquennat.

Enfin, il veut renforcer les normes anti-pollution européennes pour les véhicules neufs et les contrôles en conditions réelles (pour tirer les enseignements des différents scandales autour de Volkswagen et Renault, PSA ).

Des étudiants de l'ESCP roulent pour l'électrique

Des étudiants de l'ESCP Europe, eux, sont en tout cas convaincus que la voiture électrique est l'avenir. Certains terminent tout juste le deuxième "Global electric vehicle road trip", un tour d'Europe de 6 500 kilomètres en 16 jours pour faire la promotion des véhicules propres.

Des étudiants et des anciens sont partis de Londres et viennent de rallier Paris à bord de dix voitures électriques, comme le raconte le reportage de Marion L'Hour.

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