En Europe, 2019 se fera sans billets de 500 euros. Entre janvier et avril prochain, les banques centrales des pays de la zone Euro vont cesser d'émettre ces billets. Une nouvelle qui inquiète en Allemagne, où l'argent liquide est encore très utilisé... et qui ouvre des perspectives sur les paiements dans le futur.

La disparition du billet de 500 euros va-t-elle pousser vers la dématérialisation des échanges d'argent ?
La disparition du billet de 500 euros va-t-elle pousser vers la dématérialisation des échanges d'argent ? © Maxppp / Gabriel Sanchez / AltoPress

2019 sera l'année des petites (et des moyennes) coupures en euro : à compter du 27 janvier prochain, 17 des 19 banques centrales de la zone euro n'émettront plus de billets de 500 euros. S'il restera possible d'utiliser les actuels billets, aucun nouveau petit papier violet ne sera produit, et selon toute logique la quantité de billets en circulation s'estompera petit à petit. 

Si cette disparition ne pose pas de souci majeur en France où beaucoup n'ont même jamais vu un billet de 500€, elle est toutefois vivement contestée en Allemagne, où l'argent liquide est beaucoup plus utilisé (et la carte bancaire beaucoup moins).

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Par Nathalie Versieux

D'après le site de la Banque centrale européenne, "pour assurer une transition plus en douceur et pour des raisons logistiques, les banques centrales allemande et autrichienne continueront à émettre des billets jusqu'au 26 avril 2019".

Plus globalement, cette réduction du nombre de billets disponibles (5, 10, 20, 50, 100 et 200 euros) amène à s'interroger sur l'avenir de nos paiements. Car là où les Allemands s'interrogent sur l'avenir des paiements en liquide, en France, c'est la fin de la carte bancaire qui est parfois avancée. Comment paierons-nous dans les années, voire les décennies à venir ?

Les solutions déjà utilisées

Sur les cartes bancaires et les téléphones portables, l'une des solution qui semble s'imposer de plus en plus est le paiement sans contact. Permis par l'installation d'une puce NFC, ce dispositif est de plus en plus utilisé : en 2018, deux milliards de transactions ont été effectuées, contre 1,2 milliard l'année passée, et les projections envisagent le cap des 3 milliards pour 2020. 

Outre l'installation de ces puces sur la plupart des cartes bancaires, Google a lancé son service de paiement mobile sans contact Google Pay en France le 11 décembre dernier. Plusieurs banques, pour l'instant toutes en ligne, sont accessibles avec Google Pay. Apple l'avait fait l'an dernier et Apple Pay est désormais compatible avec plusieurs guichets physiques (Crédit Mutuel, Caisse d'Epargne, Société Générale, Banque Populaire, etc.). 

Mais le paiement mobile n'est pas disponible que via ces dispositifs sans contact : en Europe, plusieurs applications, comme Lydia ou Paylib, proposent elles aussi des solutions de paiements directs d'un compte à un autre - et certaines sont même compatibles avec le paiement sans contact. 

Mais en Chine, c'est une toute autre formule qui a été adoptée : le QR code. Ces sortes de codes-barres, beaucoup plus populaires en Asie qu'en Europe, sont utilisés dans les deux principales applications qui servent au paiement en Chine : Alipay et WeChat (qui est également un logiciel de messagerie). Avec cette technique, il suffit, pour recevoir un paiement, de photographier le QR code. Pas besoin de terminal spécifique, un autre téléphone portable suffit. Ainsi, la plupart des commerces, y compris les petits commerces de proximité, sont équipés pour recevoir les paiements WeChat et Alipay, dans ce pays où 97,5% des connexions Internet se font depuis des smartphones.

À quand cette solution en France ? Pour mieux accueillir les touristes chinois, les Galeries Lafayette et le Printemps, ainsi que les parfumeries Séphora, ont également commencé à déployer la prise en charge de ces applications. De son côté, Lydia propose aussi cette formule de paiement par QR Code, en plus du NFC (sans contact). 

Les solutions futures

Si l'on regarde encore plus loin, quels seront les modes de paiement que nous utiliserons d'ici cinq à dix ans ? Pour la start-up Tactilis, évoquée par la revue Usbek et Rica, la solution passera par un contrôle tactile sur les cartes bancaires. Pour cette entreprise, l'objet ne disparaîtra pas, mais son code confidentiel, oui. 

Au-delà encore, d'autres firmes ont commencé à réfléchir à des paiements passant par l'intelligence artificielle. Chez Amazon, les recherches se focalisent sur un paiement à la fois plus sécurisé et plus fluide, qui passerait par une sorte de conversation - idéal pour la conversation avec un assistant vocal, par exemple. Comment les sécuriser ? C'est là qu'intervient une technique nommée "biométrie comportementale", qui consiste à analyser, par exemple, la vitesse avec laquelle vous tapez sur votre clavier ou votre écran, la positon de vos doigts sur un écran tactile ou l'inclinaison de l'écran, pour identifier l'utilisateur - sans même lui demander un mot de passe... ou une reconnaissance faciale, dont l'expérience a montré qu'elle pouvait parfois être trompée. 

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