Tandis que le gouvernement recommande pour la seconde année aux Français de rester dans leurs frontières, force est de constater que les réservations pour des vacances à l’étranger atteignent un bon niveau, parfois même équivalent à celui de 2019.

À Barcelone, les touristes sont de retour, notamment grâce aux croisiéristes
À Barcelone, les touristes sont de retour, notamment grâce aux croisiéristes © Radio France / Philippe Lefebvre

Dans les agences de voyages, c’est peu dire que l’on retrouve le sourire : aussi bien dans les agences traditionnelles que sur les sites de vente en ligne, les billets partent comme des petits pains. "Depuis le mois de mai, le niveau de réservation est équivalent à celui de la même période de 2019", affirme même Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises Du Voyage.

Et si nous avons, semble-t-il, retrouvé l’envie de partir en vacances, ces dernières ne devraient pas se limiter à la France. Ainsi, explique Jean-Pierre Mas, deux pays, la Grèce et l’Espagne, représentent à eux seuls 50% des réservations. Il faut dire que l’annonce, en mai, de l’assouplissement des restrictions sanitaires par le gouvernement d’Athènes a immédiatement provoqué une envolée des réservations et aussi, il faut bien le reconnaitre, des prix des billets d’avions.

Une situation qu’observe Dimitra Voziki, la directrice de l’Office du tourisme grec à Paris : "Pour répondre à la demande, il y a des compagnies aériennes qui continuent d’augmenter le nombre de vols entre la France et la Grèce, et des tour operators qui signent dans l’urgence des contrats avec des hôtels, ce qui devrait compenser l’absence de touristes anglais."

Allègement des mesures... et bons d'achat

Toujours en Méditerranée, à Malte, plus petit pays de l’Union européenne, tous les indicateurs incitent à l’optimisme et Dominic Micaleff, le directeur de l’Office du tourisme maltais dans la capitale, explique que la compagnie aérienne nationale Air Malta a vu son taux de remplissage en juin atteindre les 87%. D’ailleurs, pour inciter les touristes à venir sur l’île, le gouvernement maltais offre des bons d’achats de 100 ou 200 euros aux premiers visiteurs qui réserveront un séjour.

Rien ne semble devoir atteindre le moral de ces professionnels du tourisme, comme les Espagnols qui, certes, ont observé dans un premier temps avec inquiétude de développement d’un cluster géant à Palma de Majorque, mais qui aujourd’hui voient un retour significatif des touristes. Comme à Barcelone, où les passagers des paquebots de croisières ont fait leur réapparition.

Même état d’esprit au Portugal, qui chaque année attire de très nombreux touristes sur les plages de l’Algarve à l’extrême sud du pays. Mieux, l’annonce par le gouvernement de Lisbonne de la remise en place d’un couvre-feu à 23h dans 45 villes du pays n’a pas eu d’effet négatif sur les réservations, ni provoqué d'annulations en cascade, selon Jean-Pierre Pinheiro, le directeur de l’office du tourisme portugais. Il prévoit même que d’ici trois semaines, la situation rentrera dans l’ordre.

En revanche, en Italie, on semble avoir plus de mal à attirer les touristes français.

Malgré les injonctions et les slogans sur le tourisme tricolore ou le patriotisme touristique, beaucoup de vacanciers français ne resteront donc pas dans l'Hexagone. Certains iront même beaucoup plus loin : selon les Entreprises Du Voyage, des destinations comme Dubaï enregistrent des progressions de réservations de 100% par rapport à 2019.