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Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, a détaillé ce mercredi matin le plan d'aide à la filière agricole : 600 millions d'euros débloqués. Les agriculteurs parlent d'un "premier pas", l'opposition politique d'une "opération communication".

Restructuration des dettes, allègements et reports d'impôts, redressement des cours et des prix : l'Etat va faire un effort de 600 millions d'euros pour aider la filière agricole en crise. Les mesures ont été détaillées ce mercredi matin à la sortie du conseil des ministres par Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture.

Les mesures expliquées par Delphine Simon, du service économie de France Inter.

François Hollande va prendre la température des réactions ce jeudi à Dijon en Côte d’Or , où il s’entretiendra à la préfecture avec des organisations professionnelles agricoles, avant de visiter un domaine viticole.

L'exécutif, très présent, ne veut pas revoir la fronde contagieuse des "Bonnets rouges" en Bretagne en 2013. Alors il est présent à tous les échelons. "Le Président donne l'orientation, le Premier Ministre coordonne l'élaboration du plan. Le ministre dialogue avec le secteur " résume à l'AFP un conseiller de l'Elysée.

Passe d'armes entre majorité et opposition

Nicolas Sarkozy a été le premier à dégainer. Le plan d’urgence « n’est pas à la hauteur », les mesures pas assez ambitieuses selon le chef du parti Les Républicains, qui dénonce aussi l’alourdissement des contraintes fiscales et réglementaires depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée. L'ancien chef de l'Etat place déjà son parti en campagne pour les régionales de la fin d’année : « Les Républicains soutiendront et favoriseront l’installation des jeunes agriculteurs et la consommation de produits locaux ».

Un peu plus tard, à l'Assemblée Nationale, le président du groupe Les Républicains, Christian Jacob, ancien syndicaliste agricole, qualifie le plan d’urgence du gouvernement « d’opération de com' » , de « mascarade », de « mensonge » et de « fumisterie ». Réplique sanglante, quelques minutes plus tard, de Manuel Valls à la tribune. Le Premier Ministre dénonce le "populisme" et le "poujadisme" de ces propos; et s’en prend aux mesures prises par la droite quand elle était au pouvoir, qui selon Manuel Valls, ont conduit à l’effondrement des cours du lait, et de la viande porcine et bovine.

Pour Christian Jacob, le gouvernement n'a pas pris la mesure de la crise agricole. Pour Manuel Valls, l'opposition est irrespectueuse . Le tout sur un ton pour le moins agressif.

Chez les éleveurs, des réactions contrastées

Xavier Beulin, le président de la puissante FNSEA, reste mesuré : selon lui, le plan comprend "beaucoup de dispositifs déjà actés " et les mesures restent "insuffisantes " sur le long terme. Les éleveurs du Calvados, qui ont lancé les blocages, ont, eux, décidé de mettre fin à leur mouvement à Caen .

Noémie Bonnin a suivi la levée des blocages avec les éleveurs de Caen.

Mais d'autres fédérations départementales ne sont pas du même avis. Déçus par le plan d’urgence, les éleveurs d’Auvergne et de Rhône-Alpes annoncent qu’ils vont bloquer les accès autoroutiers à Lyon (A6 au Nord, A7 au Sud, et A42 à l’Est) dès ce mercredi soir,et ceux de Clermont-Ferrand ce jeudi matin. "On ne sait pas combien de temps on va rester ", prévient Dominique Despras, président de la FDSEA du Rhône, qui prévoit aussi des actions sur les centrales d’achat dans la soirée. Les agriculteurs de Haute-Normandie, qui bloquent les trois grands ponts sur la Seine, veulent aussi maintenir leur mouvement . « Dans les mesures qu’il a annoncées, le gouvernement a complètement oublié la production laitière » explique Stéphane Donckele, vice-président de la FDSEA de Seine-Maritime.

Hervé Marie, président de la section lait de la FDSEA de la Manche, ne veut pas non plus du plan d'urgence (au micro France Bleu Cotentin d'Anthony Raimbault)

Ce mercredi après-midi, une nouvelle réunion était en cours au ministère de l'Agriculture sur les hausses de prix promises le 17 juin par les professionnels, et qui n'ont pas été atteintes pour la viande bovine, même si le porc s'en rapproche.

Le plan d'urgence pour les éleveurs - INFOGRAPHIE
Le plan d'urgence pour les éleveurs - INFOGRAPHIE © idé
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