Alors que les assureurs refusent jusqu’ici d'indemniser les pertes des restaurateurs liées à la crise du Covid, l'organisation patronale de l'hôtellerie-restauration veut proposer aux 230 000 professionnels du secteur de souscrire, dès septembre, à une nouvelle assurance qui garantisse "leurs besoins essentiels".

L’UMIH veut proposer aux professionnels une assurance qui indemnise les pertes d'exploitation
L’UMIH veut proposer aux professionnels une assurance qui indemnise les pertes d'exploitation © Radio France / Valeria Emanuele

Décidément cette crise sanitaire laissera des traces dans bien des domaines. Alors que les recours de restaurateurs contre leurs assureurs qui refusent de prendre en charge leur perte d’exploitation liée à la pandémie se multiplient devant les tribunaux de commerce - c’était le cas il y a une dizaine de jours à Paris, c’est le cas encore mercredi à Lyon -, les professionnels de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) veulent couper définitivement les ponts avec les assureurs traditionnels, élaborer leurs propres contrats et faire appel à d’autres intermédiaires pour obtenir de meilleurs garanties.

"Nous ne comptons plus sur eux"

La genèse, c’est cette immense contrariété causée par ces grands assureurs qui refusent aujourd’hui encore de couvrir les pertes financières de ces cafés, hôtels, restaurants, discothèques frappés de plein fouet par la crise sanitaire et le confinement, et l’arrêt brutal de leur activité. 

Les deux présidents confédéraux de l’UMIH, Roland Héguy et Hervé Bécam, et tout le directoire de la première organisation du secteur l’affirment rapidement, "nous ne pouvons pas rester les bras croisés, il faut à tout prix aller vers une émancipation de notre secteur d’activité vis-à-vis des assurances traditionnelles". "On ne veut couper les ponts avec personne" souligne Alain Grégoire, chargé à l’UMIH du dossier perte d’exploitation Covid-19, "ce sont eux qui coupent les ponts avec leurs propres assurés en agissant de la sorte avec cette distance et ce cynisme, mais là, ils sont mal tombés".

Un contrat construit par les professionnels pour les professionnels

Ils sont mal tombés parce que l’organisation est suffisamment organisée et structurée pour lancer, il y a trois semaines déjà, un groupe de travail réunissant des professionnels et des experts de l’assurance. 

En toute transparence puisqu’ils en ont averti les pouvoirs publics, jusqu’au premier ministre et au ministre de l’Économie. "Nous allons élaborer une offre permettant de garantir les besoins essentiels des professionnels" détaille Alain Grégoire, également président de l’UMIH de la région Auvergne-Rhône-Alpes, "une sorte de contrat type avec les bons niveaux de garanties, de cotisations et de primes, plus adaptés aux risques auxquels les métiers comme les nôtres sont  confrontés".

Des propositions concrètes pour septembre

Concrètement, après une première communication à la fin du mois de juin, le groupe de travail de l’UMIH se met en position de faire des propositions aux 230 000 professionnels du secteur en septembre, pour les inciter à dénoncer, en temps et en heure, leur contrat d’assurance en cours, et souscrire ces nouveaux contrats dès le 1er janvier 2021. "Dans le monde des assurances, il n’y a pas que les assureurs traditionnels" explique Alain Grégoire, "mais il y a bien d’autres canaux, intermédiaires, spécialistes et autres cabinets de courtage. Et nous nous appuierons aussi sur les réassureurs"

L’UMIH affirme avoir déjà eu une quinzaine de contacts, des spécialistes de l’assurance venus d’eux-mêmes taper à la porte de cette fédération de cafetiers-restaurateurs, prouvant ainsi que le poids économique du secteur ne manque pas de susciter l’intérêt.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.