C'est l'une des inquiétudes majeures du ministère de l'Économie : un effet domino avec des faillites de petites entreprises trop dépendantes les unes des autres, qui ne parviennent pas à se payer mutuellement. Bercy lance donc plusieurs mesures pour donner plus de marge à ces sociétés et aux indépendants.

Vue du ministère de l'Économie et des Finances à Bercy
Vue du ministère de l'Économie et des Finances à Bercy © AFP / Nicolas Guyonnet / Hans Lucas

Les retards et délais de paiements des PME françaises sont au cœur de l'attention du gouvernement. Bruno Le Maire a précisé que les petites entreprises à court de trésorerie pourraient bénéficier d'étalements de charges sur 12, 24 ou 36 mois. Jusqu'ici, la décision de reporter la dette sociale et fiscale était soumise à une acceptation et à la discrétion de l'Urssaf, au cas par cas.

But de ces reports de charges : redonner un peu d'air et de liquidités à bon nombre de petites entreprises, aujourd'hui à court de trésorerie et qui attendent d'être payées par d'autres entreprises, elles aussi en difficulté. Un cercle vicieux dangereux que Bercy veut à tout prix casser, en limitant au maximum ces retards de paiement.

Depuis le début de la crise sanitaire, Bercy redoute des faillites de petites entreprises et  de commerces victimes de retards de paiements. Les volumes d'impayés sont aujourd'hui élevés : en dessous de 10 000 euros, les fournisseurs peinent à se faire payer.

Des délais de paiement deux fois plus élevés

Or l'accumulation de retards de paiements entre petits commerces et indépendants est sur le point de devenir critique, s'inquiète Marc Sanchez, du syndicat des indépendants. "Il faut savoir qu'en termes de délais de paiement, la moyenne est aux alentours de 60 à 90 jours. Aujourd'hui, on est plus dans les 120 à 150 ! On parle beaucoup des territoires : les entreprises sont liées les unes aux autres, quand  il y en a un qui a un problème, il ressurgit sur les autres. Et après, on rentre dans un cercle vicieux, duquel il va être très difficile de sortir pour reconstituer de la trésorerie."

C'est pour y parvenir et relancer cette chaîne des paiements que le gouvernement ouvre les vannes à des reports, et élargit un étalement de la dette sociale et fiscale jusqu’à trois ans pour les petites entreprises concernées.

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