Son nom a émergé en France après le rachat des titres de presse "Elle" et "Marianne", et en devenant actionnaire minoritaire du "Monde", Daniel Kretinsky investit maintenant dans le secteur de l’énergie. Il a acheté deux centrales fonctionnant au charbon.

Daniel Kretinsky investit en France dans le secteur qui l'a fait roi au niveau européen : l'énergie.
Daniel Kretinsky investit en France dans le secteur qui l'a fait roi au niveau européen : l'énergie. © AFP / TOLGA AKMEN

L’homme d’affaire tchèque poursuit ses emplettes en France, mais cette fois dans un secteur qu’il maîtrise parfaitement. Il est l’un des leaders européens de l’énergie, avec sa holding EPH.

Il vient de mettre la main sur deux centrales électriques fonctionnant au charbon (il en reste quatre au total en France). Elles sont situées à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle).  Il a profité de la torpeur des fêtes de fin d'année pour en faire l'annonce. Les salariés des deux sites repris font preuve de leur inquiétude. Ils craignent de faire les frais de l'avidité de l'homme d'affaires. " Quand je suis entré ici, il y avait 1200 salariés. Aujourd'hui nous sommes trois fois moins. Nous nous attendons à de nouvelles suppressions d'effectifs", explique à France Inter, Loïc Delpech de la CGT-Energie à Gardanne. 

L'intégralité de la transaction comprends également deux centrales à gaz (qu’il devrait revendre au groupe Total). En revanche, il compte conserver six parcs éoliens et deux centrales solaires, secteurs prometteurs et stratégiques en cette époque tournée vers la transition énergétique.

Spécialiste de l’achat d’actifs en fin de vie

Adepte des coups de poker, Daniel Kretinsky se retrouve donc avec deux centrales à charbon, dont la fermeture est prévue à l’horizon 2022. Emmanuel Macron a confirmé cette échéance fin novembre. Le charbon est le mode de production électrique qui produit le plus de gaz à effet de serre. 

Alors quel est l’intérêt d'investir dans des centrales vouées à la fermeture ? C’est là toute la stratégie de Daniel Kretinsky, la méthode avec laquelle il a bâti son empire : tirer le meilleur prix de la fermeture de ses infrastructures, négocier des indemnités pour compenser la fin programmée de l'activité. 

L’exemple de la centrale qu’il a possédé en Angleterre est éclairant sur ces pratiques. La centrale avait vocation à fermer en 2016. Comme souvent dans ces négociations délicates, le calendrier n’a pas été respecté. Elle n'a fermé finalement que très récemment. Pendant ces deux années supplémentaires, son groupe a touché d’importantes subventions de l’État pour faire fonctionner la centrale. 

La place que va occuper le Tchèque dans le secteur de l'énergie est encore marginale en France, en comparaison avec les géants que sont Total, Engie ou EDF. Mais c'est une emprise durable (et potentiellement rentable) dans un secteur stratégique. 

La toile que tisse en France Daniel Kretinsky devient plus lisible. Quand il devra négocier avec Bercy dans le cadre des futures négociations de ces centrales, ce ne sera pas seulement l’investisseur qui parlera. Mais aussi le patron de presse. En attendant que peut-être il n’avance d’autres pions dans les prochains mois. 

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