Le concept de la start-up Shine est une première en France. Les salariés de cette banque en ligne peuvent travailler douze jours dans l'année, soit un jour par mois, pour un autre employeur, à leur compte, ou bénévolement pour une association.

La start-up Shine, basée à Paris, emploie une trentaine de salariés.
La start-up Shine, basée à Paris, emploie une trentaine de salariés. © Radio France / Suzanne Shojaei

Aller voir ailleurs pour assouvir ses désirs professionnels. Tel est le concept des contrats à durée indéterminée (CDI) que fait signer la start-up Shine à ses employés, depuis février. Basée dans le 9e arrondissement de Paris, cette banque en ligne compte une trentaine de salariés. Et chacun a le droit de travailler un jour par mois à son compte, pour une autre entreprise, ou même bénévolement pour une association. "C'est comme un jour de congé à poser", résume Nicolas Reboud, co-fondateur de Shine. Sauf que ces douze jours de congés payés supplémentaires ne sont pas des vacances. "Je n'ai jamais utilisé cette journée pour ne rien faire !", promet Arnaud, un responsable d'opérations bancaires de 38 ans.

"On n'a pas de frustration !" - Alexandre, salarié 

Comme d'autres chez Shine, Arnaud a saisi l'occasion pour poursuivre une activité en freelance. "J'accompagne d'autres sociétés dans leurs réflexions sur de nouveaux services financiers. J'apprends pleins de choses. Et les idées que je ramène peuvent servir à Shine." La plupart des employés utilisent cette journée pour des activités semblables à celles de leur entreprise. D'autres, moins nombreux, préfèrent changer d'univers. 

C'est le cas d'Estelle. À 26 ans, elle s'occupe du blog et des réseaux sociaux de la start-up. Et cette journée libre, "c'est une bouffée d'air frais" pour elle. La jeune femme se renseigne pour travailler pour des ONG. "Je voudrais trouver des ONG spécialisées dans l'écologie ou le féminisme, pour utiliser mes compétences dans un autre secteur. Le but est de décrocher, voir autre chose !"

"Enfermer les gens n'est pas le meilleur moyen pour leur donner envie de rester." - Nicolas Reboud, co-fondateur de Shine

Il s'agit aussi de répondre à une réalité. "On a constaté que nos employés avaient déjà des activités parallèles, note Nicolas Reboud, co-fondateur de Shine. On s'est dit qu'on allait le graver dans le marbre pour les encourager à le faire." Dans les faits, les salariés peuvent utiliser cette journée pour rester à la maison. "Mais ça n'est pas l'idée ! C'est une question de confiance. Nous ne vérifions pas ce qu'ils font."

Un journée de travail en moins, avec le même salaire

Les employés de Shine bénéficient donc de près de quinze jours de congés payés supplémentaires dans l'année. "Et nous n'avons pas baissé le salaire des gens, précise Nicolas Reboud. On voit ça comme un investissement, parce qu'on pense qu'on mise sur le gain de productivité. Les salariés seront confrontés à d'autres situations, d'autres contextes. Ils reviendront avec des idées."

Et surtout, ils ne quitteront pas Shine ! "Pourquoi partir, alors qu'on n'a pas de frustration professionnelle ?", se demande Alexandre. Cet employé de 28 ans travaille pour le site web et l'application mobile de Shine. À côté, il donne des cours dans l'école qui l'a formé. "Avec mon ancien employeur, c'était parfois difficile de s'organiser. Je devais poser des congés sans solde. Maintenant, c'est beaucoup plus souple." 

Avoir d'autres projets me permet de m'épanouir.

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