La reprise économique et ses incertitudes : toutes les entreprises y sont confrontées depuis la fin du confinement. C’est le cas chez Salomon, leader mondial du ski et qui se fait une place aussi dans le milieu de la course à pied.

Le siège social de Salomon se situe à Annecy.
Le siège social de Salomon se situe à Annecy. © Radio France / Jérôme Val

L’année 2020 sera difficile avec une baisse d’activité envisagée par Salomon mais le tableau n’est pas si noir pour la marque française. 

Le siège social basé à Annecy, baptisé Annecy Design Center, tourne au ralenti. Les bureaux sont quasiment vides. Sur les 900 salariés qui y travaillent, seule une poignée est sur place. Les ateliers eux recommencent à fonctionner normalement. Le Prototype Center, c’est l’endroit où d’ordinaire sont créés les prototypes, ceux des chaussures de ski par exemple. Mais depuis plus de deux mois, il est transformé en atelier de fabrication de masques. "On en produit 1 200 par jour, explique son responsable Jean-Noël Thevenoud. Aujourd’hui, nous n’avons retrouvé que 20% de notre activité normale. Ce sont des mois de perdus pour notre activité".

Des mois pendant lesquels la recherche sur les produits a été stoppée. "Il y avait des produits qui étaient suffisamment avancés et là, ils sont en train de les finir, détaille Benjamin Aidan, le directeur marketing de la marque. On va pouvoir les sortir en 2021. Mais on a déjà arrêté certains projets. On les reprendra plus tard et on décale d’un an la commercialisation de ces produits". 

Le leader mondial du ski, racheté l’année dernière par un groupe chinois (Anta Sports), sait déjà que 2020 est une année à oublier même si elle devrait être moins pire que prévu, explique le vice-président de Salomon Eric Pansier. "On n’imagine pas sortir de l’année 2020 avec de la croissance. La bataille, c’est plus de limiter cette décroissance. On craignait d’avoir une décroissance à deux chiffres, on voit qu’on va plutôt gérer quelque chose à un chiffre. Mais sur le moyen et long terme, je n’ai aucun doute que les activités sportives à l’avenir vont rester au cœur des préoccupations des Français en particuliers mais de nos consommateurs dans le monde."

La baisse d'activité de Salomon ne sera peut-être pas aussi importante que prévu pour la marque française, grâce notamment au secteur de la course à pied.
La baisse d'activité de Salomon ne sera peut-être pas aussi importante que prévu pour la marque française, grâce notamment au secteur de la course à pied. © Radio France / Jérôme Val

Salomon est réparti en deux branche d'activité : le ski bien sûr (activité historique quand le fondateur de l’entreprise Georges Salomon ouvre un atelier dans le vieil Annecy en 1947) mais elle ne représente plus que 30% du chiffre d’affaire. Plus de la moitié provient de la course à pied, un secteur en plein boom depuis le confinement. "On a tous nos canaux d’e-commerce et de ventes en ligne qui n’ont jamais arrêté et qui connaissent de grosses progressions, observe Benjamin Aidan. On a l’impression que ce confinement a permis à chacun de se concentrer sur soi, sur sa famille, sur les activités extérieures en montagne, sur les collines ou dans les forêts. Ça a incité les gens à aller beaucoup plus dehors et c’est ce que l’on voit depuis quelques semaines".

Le premier marché de Salomon, avant la France, ce sont les Etats-Unis où la situation économique est incertaine. Mais même là-bas, les signes sont plutôt encourageants. Eric Pansier, le vice-président, a des contacts réguliers avec ses équipes sur place. "Ce sont les premiers à parler d’une décroissance bien inférieure à ce qu’ils avaient prévu, raconte-t-il. Ça va faire partie pour nous, étonnement, des marchés qui vont nous tirer vers le haut pour réduire l’impact de la crise. La taille des populations là-bas qui vont revenir au sport, qui se ré équipent fait qu’on est très optimiste. C’est un peu contre-intuitif mais c’est ce qu’on sent venir. »  

L’interrogation aujourd’hui concerne la prochaine saison hivernale, les ventes de produits Salomon étant très fortes après l’été. Les Français, dont le pouvoir d’achat a été affaibli par la crise, retourneront-ils skier ? La marque française en tout cas voit plus loin avec la perspective des Jeux Olympiques d’hiver de 2022 en Chine (nationalité de la maison-mère) et les championnats du monde de ski qui se dérouleront presque à domicile (Méribel et Courchevel). Deux événements majeurs qui pourraient redonner un second souffle à Salomon. 

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