Qwant est le petit moteur de recherche qui monte. Made in Europe, il se démarque en protégeant la vie privée de ses utilisateurs. La Caisse des dépôts entre à son capital ce jeudi.

Sur sa page d'accueil, Qwant affiche sa devise : "sécurité, confidentialité et respect de la vie privée".
Sur sa page d'accueil, Qwant affiche sa devise : "sécurité, confidentialité et respect de la vie privée". © (capture d'écran Qwant)

Avec 32 millions d'utilisateurs revendiqués en Europe, et 150 millions visés d'ici la fin de l'année, le moteur de recherche franco-allemand Qwant est en pleine expansion. Et l'entrée à son capital, à hauteur de 20%, de la Caisse des dépôts ne devrait que confirmer cette tendance. C'est en tout cas ce qu'espère son PDG, le Niçois Eric Léandri, qui a convaincu le bras financier de la puissance publique d'investir dans son moteur de recherche. Son principal argument, la protection des données :

Aujourd'hui, il faut savoir que toutes vos données sont du coté américain. Le nouveau président des États-Unis vient de signer une directive permettant à nouveau de tout écouter et de tout savoir. C'est très bien, sûrement... sauf peut-être si vous avez besoin de faire une enquête sur un géant qui serait justement américain et qui ne paierait pas ses impôts ici. Dans ce cas là, j'utiliserai un moteur européen qui a ses données en Europe et qui garantit le respect de vos recherches.

Un argument qui est devenu commercial puisque Eric Léandri en est convaincu, son modèle anti-Google est de fait plus sain : "Toutes les données qu'ils ont sur vous, c'est 20% de leur chiffre d'affaire, affirme-t-il. Comme ils savent tout : si vous êtes gay, hétéro, si vous votez à droite ou à gauche... toutes ces données là leur permettent de vendre tout un tas de service comme des assurances, des banques, etc... C'est ça qui fait que leur valeur boursière vaut une fortune, pas leur chiffre d'affaires. Alors que nous, notre chiffre d'affaires fonctionne très bien."

"Très bien" mais Eric Léandri ne veut pas dire combien. Tout juste assure-t-il vouloir multiplier par 15 le nombre de ses utilisateurs européens d'ici à la fin de l'année et rendre Qwant bénéficiaire sous trois ans. De quoi, il l'espère, faire fructifier l'argent de la Caisse des dépôts... et donc des français.

Quels autres alternatives à Google ?

Il faut bien le reconnaître, Google a réponse à tout... et c'est bien pratique. Sauf que pour certains "Big Google is watching you". Le géant américain conserve ce qui nous intéresse dans nos recherches, nous géolocalise, et procède à du marketing ciblé. De là à détourner ces informations pour une utilisation mal intentionnées, certains diront qu'il n'y a qu'un pas.

Les plus grands concurrents de Google comme Bing (Microsoft) ou Yahoo fonctionnent de la même manière. Mais comme Qwant, d'autres moteur de recherche proposent la protection des données : Duck Duck Go est par exemple engagé avec DontTrack.Us qui explique les dérives de ses concurrents ; Ixquick ne stocke pas les adresses IP, n'utilise pas de cookie et encore les recherches en HTTPS ; et Yacy est lui un moteur de recherche totalement décentralisé, basé sur un protocole P2P pour que ses utilisateurs construisent ensemble l'index. Il n'y a plus qu'à faire son choix dans cette liste non-exhaustive.

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