Dans une étude révélée ce mercredi, l'Insee dévoile notamment des données sur les trajets quotidiens des Français, basées sur le traçage anonyme de leurs téléphones. De 25 % du trafic habituel pendant le confinement, ces allers-retours entre la maison et le bureau ont en partie remonté avec le déconfinement.

Le retour au "métro, boulot, dodo" est encore limité dans les grandes villes
Le retour au "métro, boulot, dodo" est encore limité dans les grandes villes © AFP / ARNAUD FINISTRE / Hans Lucas

Comment évaluer le retour à la normale pour les travailleurs du pays ? L'Insee a eu une bonne idée : analyser des données exceptionnellement fournies par Orange Business Services France, au vu de la situation sanitaire. Des données entièrement anonymisées, qui permettent simplement d'analyser les trajets effectués par les téléphones... dans les poches de leurs propriétaires. Ce qui permet d'avoir une vision plus large, rassemblant ces déplacements quels que soit le moyen de locomotion.

L'étude part du postulat que les déplacements enregistrés entre 7 et 9 heures tous les matins, et suivis d'au moins 3 heures sans autre déplacement, sont pour la plupart des trajets entre le domicile et le lieu de travail. À partir de là, il ne reste qu'à compter et à comparer avec la situation avant le confinement.

Une énorme chute des déplacements au début du confinement

Sans surprise, après des chiffres tout à fait normaux la semaine précédant la mise en place du confinement mi-mars, ces déplacements se sont immédiatement raréfiés dès le 17 mars. Ils ont même été divisés par quatre en une seule journée (25 % des déplacements habituels).

Pendant le confinement, ces déplacements ont toutefois progressivement repris : jusqu'à 40 % d'activité début mai, par rapport à une journée "classique". L'annonce du déconfinement progressif, le 11 mai, a provoqué une reprise très progressive : à la fin du mois de mai, on atteignait 60 % du trafic habituel. Encore loin du "monde d'avant", mais la tendance se confirme au fil des jours.

Les villes sont devenues plus immobiles que les campagnes

Le fait d'être en zone rouge ou verte n'a eu aucun impact sur ce phénomène, mais il a été bien plus important dans les zones urbaines que rurales, que ce soit pendant ou après le confinement. "À Paris, Lyon, Toulouse, Bordeaux et Nantes", détaille le rapport, "l'indice est tombé à moins de 20 % du volume habituel".

Cela peut s'expliquer, selon l'Insee, par la répartition des types d'emplois : plus propices au télétravail pour les emplois urbains (autrement dit les emplois "de bureau"), ou nécessitant à l'inverse une présence physique dans les zones rurales (agriculture, artisanat, TPE...)

Dans le même esprit, les quartiers centraux, de bureaux ou de commerces, ont subi une diminution bien plus importante des déplacements que les quartiers plus résidentiels. L'Insee cite par exemple les arrondissements parisiens, qui ont presque tous vu leur volume de déplacements matinaux s'effondrer (jusqu'à 16 % du volume habituel de trajets). Et ils restent encore largement moins animés qu'avant le confinement : presque aucun ne dépasse les 40 % de déplacements habituellement enregistrés.

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