Comment passer d'un télétravail contraint à un télétravail choisi et (bien) encadré, au-delà de la crise sanitaire ? C'est la délicate question à laquelle tentent de répondre syndicats et patronats dans des négociations qui se poursuivent vendredi au ministère du Travail.

L'expérience du télétravail a été contrainte pour beaucoup de salariés pendant le confinement. Et après ?
L'expérience du télétravail a été contrainte pour beaucoup de salariés pendant le confinement. Et après ? © AFP / Loic Venance

Il est au coeur des discussions sur la reprise d'activité dans beaucoup d'entreprises : le télétravail. Après l'Elysée jeudi, les partenaires sociaux se retrouvent vendredi lors d'une visioconférence pour évoquer cette épineuse question. Quelles leçons tirer de la période de confinement, qui a vu 5 millions de salariés travailler depuis chez eux ? Il y a eu du bon, et du moins bon... Objectif : tirer des leçons partagées pour parvenir, peut-être, à un accord national qui permettrait d'encadrer cette pratique. 

Équilibrer le positif et le négatif

S'il a beau appeler un maximum de salariés à reprendre le chemin du travail, le Medef a toutefois été le premier à demander l'ouverture de discussions sur le télétravail. Car il y a, selon l'organisation patronale, de nombreux enseignements à tirer. En positif, beaucoup de satisfaction pour certains salariés. Mais en négatif, des problèmes de management au sein des entreprises, et même des cas de burn-out.

La faute, commentent plusieurs syndicats, à l'improvisation qui a souvent prévalu lorsque les salariés ont basculé en télétravail. Les outils techniques et informatiques n'ont pas forcément suivi, certaines entreprises n'étaient d'ailleurs pas prêtes du tout. 

La vie de famille a aussi parfois transformé le télétravail subi en cauchemar. Sans parler de l'aspect financier : quid par exemple de la prise en charge des connexions Internet, s'inquiète la CGT.

La CGT réclame un accord interprofessionnel

Pour la CGT, la solution qui permettrait d'encadrer correctement le télétravail est  un accord interprofessionnel qui fixerait ses modalités au niveau national, comme l'avait estimé Philippe Martinez sur France Inter dès le 1er mai. "Cette négociation interprofessionnelle doit être complétée par des négociations de branches afin de couvrir avec des droits spécifiques au secteur toutes les entreprises qui n’ont pas de représentation en local", explique encore le syndicat dans un communiqué.  

D'un avis divergeant, les syndicats réformistes (CFDT, Unsa et CFTC) estiment qu'il faudra surtout fixer des limites à l’empiétement de la vie professionnelle sur la vie personnelle et veiller à ce que le télétravail se fasse sur la base d'un double volontariat, côté employeur et côté salarié. Les trois organisations avaient, au lendemain du déconfinement, fait des préconisations pour permettre de pérenniser dans de bonnes conditions le télétravail. 

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