la cour des comptes maintient la pression sur le déficit de la france
la cour des comptes maintient la pression sur le déficit de la france © reuters

Pas question de se relâcher : c'est la principale recommandation de la cour, qui estime qu'il va encore falloir des efforts pour réduire le déficit de la France. "Malheureusement, la Cour des comptes a raison", assure Jean-Marc Ayrault.

"Le plus dur est à venir", c'est le message qu'on peut retenir de ce dernier rapport de la Cour des comptes. Et ce, même si l'obligation de réduire le déficit de la France (à 3% du PIB) a été reportée de deux ans. Elle estime qu'il faudra sans doute se satisfaire d'un retour à 4% fin 2013, au lieu des 3,7% prévus.

"La France se situe à un moment crucial dans la conduite du redressement de ses finances publiques", lance le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, aux députés. "Le message essentiel de ce rapport est que la moitié du chemin a bien été parcourue" et que "les efforts ne doivent en aucune manière être relâchés."

Réduire le déficit à 3% fin 2015, comme le demande désormais la Commission européenne, suppose selon la Cour de maîtriser fortement les rémunérations dans la fonction publique et de prendre d'amples mesures d'économies pour les comptes sociaux.

"Compte tenu de l'ampleur de l'effort programmé et de l'atonie de la croissance économique en 2012 et en 2013, la Cour considère qu'il n'y a pas lieu d'envisager des mesures de rééquilibrage en cours d'année", a précisé Didier Migaud. "En revanche, il convient de s'attacher à ce que l'effort programmé, le plus important de notre histoire budgétaire récente, soit entièrement réalisé".

Si les recettes fiscales seront cette année moins élevées que prévu par le gouvernement, en raison d'une croissance économique qui sera probablement légèrement négative (au lieu du +0,1% prévu par le gouvernement), la prévision d'évolution de la dépense publique figurant dans le programme de stabilité présenté à Bruxelles "apparaît plausible", précise la Cour.

"Malheureusement, la Cour a raison"

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, estime de son côté que "pour 2013, malheureusement, du fait de l'absence de croissance, ce que dit la Cour des comptes est vrai. Mais d'ici la fin de l'année, nous verrons."

Le gouvernement, qui refuse d'actualiser son budget 2013, semble ainsi assumer le risque d'un léger dérapage budgétaire anticipé par de nombreux économistes, qui ne redoutent pas de réaction violente des marchés financiers.

Ce dérapage pourrait même être préparé par le gouvernement, Olivier Bost.

François Hollande aussi prend acte de ces recommandations. Dans une conférence de presse tardive à Bruxelles, le président a promis de "tenir" la dépense de l'Etat en France pour empêcher un dérapage des déficits publics. "Il est à craindre que nous ayons moins de recettes que prévu", reconnait François Hollande, et donc "un peu plus de déficit" à la fin de l'année.

"Qu'est-ce que nous avons à faire compte tenu de cette perspective ? D'abord tout faire pour qu'il y ait plus de croissance au second semestre. Mais ce que doit faire la France dans l'année 2013, c'est tenir la dépense publique. La dépense 2013 doit être strictement égale pour l'Etat à la dépense 2012."

Il a rappelé que les lettres-plafond adressées aux ministres dans le cadre de la préparation du budget 2014 prévoyaient 1,5 milliard d'euros de dépenses en moins qu'en 2013 l'an prochain. Tout ça, sans prélèvements supplémentaires pour 2013.

La rigueur comme solution ?

Pour la Cour des comptes, il y a aussi d'autres solutions plus sévères à appliquer pour atteindre les objectifs. Parmi ces mesures chocs, la suppression de 10.000 postes de fonctionnaires, le gel du point de la fonction publique ou même une révision des prestations sociales (sauf minima sociaux).

"Chiche", lance la députée UMP Valérie Pécresse.

Pas question de tailler dans les dépenses sociales, pour le rapporteur socialiste du budget Christian Eckert.

Toutefois "le redressement peut être réalisé sans passer par les mesures drastiques d'austérité que d'autres pays ont parfois mises en place, j'entends par là des diminutions de prestations sociales ou de rémunérations", promet Didier Migaud.

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