Une start-up française veut se poser en leader du secteur et annonce une levée de fonds de 125 millions de dollars. La somme doit lui permettre d'ouvrir un nouveau site de production près d'Amiens.

Ces larves de scarabées molitor seront transformés en nourriture pour animaux
Ces larves de scarabées molitor seront transformés en nourriture pour animaux © Radio France / Maxime Debs

"Ils ne sont pas la solution à tous nos problèmes, mais peuvent y remédier !". En 2011, lorsqu'il a crée Ynsect avec ses associés, Antoine Hubert, 36 ans, s'est lancé un pari fou en passe d'être gagné. Sa PME, qui emploie aujourd'hui une centaine de salariés, transforme des scarabées en aliments pour chiens et chats. Et la filière trouve peu à peu son public : le carnet de commandes se remplit avec 70 millions de dollars de chiffre d’affaires sur les quatre prochaines années.

Une demande telle que l'entreprise, aujourd'hui à l'étroit, va s'agrandir avec un nouveau site de production, prévu près d'Amiens, en Picardie, d'ici un an, qui sera financé grâce à une levée de fonds : "125 millions de dollars de fonds (110 millions d'euros) vont être levés pour ça aujourd'hui, soit le plus gros investissement pour une start-up dans le domaine de l'Agtech hors États-Unis" se réjouit le patron d'Ynsect.

Aujourd'hui, l'essentiel de la transformation s'effectue sur un seul site, de 3 000 mètres carrés, à Dôle, dans le Jura. "Les scarabées y sont élevés. Les larves sont d'abord acheminées, ébouillantées, détaille Antoine Hubert, et un broyage final donne la poudre qui va entrer dans la composition des croquettes pour chiens et chats, ou les granulés pour les poissons".

Un quart des poissons pêchés sont utilisés pour nourrir les animaux

L'enjeu est de taille : selon l'ONG Bloom, un quart des poissons pêchés dans le monde sont transformés en farine pour nourrir d'autres poissons ou animaux. 

"Chaque tonne de notre protéine d'insectes économise environ cinq tonnes de poissons pêchés", argue le patron de la start-up pour qui les bienfaits de son produit sont doubles : "Il a été démontré que le scarabée molitor que l'on a choisi avait des effets santé majeurs sur les animaux. Pour les chiens et chats, son apport réduit notamment les problèmes de peau".

Sur le même modèle, Ynsect propose également des engrais qui, là aussi, favoriseraient la croissance des plantes. "Le marché commence à démarrer sérieusement et devrait représenter plusieurs milliards d'euros en Europe d'ici quelques années" pronostique Antoine Hubert.

Jusqu'à 20 000 tonnes de protéines d'insectes par an

Antoine Hubert, PDG d'Ynsect, manipule ses scarabées encore à l'état de larves.
Antoine Hubert, PDG d'Ynsect, manipule ses scarabées encore à l'état de larves. © Radio France / Maxime Debs

Le futur site de production de l'entreprise à Poulainville, au sein de la métropole d’Amiens, permettra à l’entreprise d’accroître sa production pour produire jusqu’à 20000 tonnes de protéines par an. 70 personnes devraient être recrutées à cette fin dans la région.

Quant à savoir si demain, Ynsect pourrait ou non proposer des aliments sur le même principe pour l'homme, la question n'est pas d'actualité : "D'autres ont commencé à y travailler et on leur laisse le sujet".

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