Une étude de l'Insee montre que sur cinquante ans, la part des vêtements et chaussures dans les dépenses pour l'apparence physique a baissé au profit des soins de beauté.

Les dépenses en achats de vêtements sont particulièrement scrutées au moment des soldes
Les dépenses en achats de vêtements sont particulièrement scrutées au moment des soldes © AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

En moyenne, chaque ménage français a consacré en 2015 quelque 3.000 euros aux dépense "apparence physique" (soit 84 milliards d'euros en tout). Des achats qui augmentent quasi constamment depuis 1960, à un rythme moyen de 5,9% par an. Mais la part des dépenses physiques dans le budget global a rétréci presque de moitié, car la consommation totale a augmenté plus vite (+7,2% par an) : ainsi, ce poste de dépenses représente aujourd'hui 7,3% du budget annuel, contre 14,1% en 1960.

Autant de vêtements, mais moins chers

Mais ce qui est le plus notable, selon l'étude de l'Insee publiée mardi, c'est l'évolution de la part relative de chaque type de dépenses dans cette catégorie. Car si le premier poste de dépenses en "apparence physique" reste celui des vêtements, sa part a dégringolé en un peu moins de 60 ans. De 66% en 1960, elle ne représente en 2015 que 41% de la totalité des dépenses d'apparence (soit 1.230 euros en moyenne).

Il s'agit bien d'une baisse en valeur et pas en volume : les Français n'achètent pas moins de vêtements (l'évolution annuelle est stable, à +0,3%/an depuis 1974), mais ils en achètent des moins chers. Un phénomène permis par l'émergence, dans les années 1990, des vêtements d'importation et surtout des chaînes de prêt à porter.

Les soins à faire soi-même sont privilégiés

En revanche, cette baisse relative des dépenses en vêtements est compensée par une très forte hausse de celles qui concernent les soins et les biens personnels : elles représentent désormais 32,2% du budget "apparence physique", contre seulement 8,8% en 1960. Et au sein même de ce poste de dépenses, une autre distinction peut être faite : la progression des soins "à faire soi-même" (crèmes, masques, appareils, etc). a augmenté trois fois plus vite que les soins réalisés par un tiers (coiffeur, esthéticien, etc.), une hausse permise notamment par l'explosion des ventes de parfums et de produits de toilette (qui représentent à eux seuls 58% du budget soins, contre 32% en 1960).

Quant aux dépenses qui concernent les effets personnels (bijoux, montres, maroquinerie, etc.), elles connaissent l'effet inverse de celui qui touche les vêtements : la hausse des prix provoque une augmentation de la part en valeur, même si le volume reste constant. Ainsi, entre 1960 et 2015, la part de ces effets personnels a doublé, passant de 6% à 12,1%.

Mais dans tous les cas, les Français restent loin derrière leurs voisins européens en ce qui concerne les dépenses pour l'apparence physique : la part de 6,5% du budget total est la plus faible des pays européens : chez les Italiens c'est 8,5% du budget, chez les Britanniques 8,2%.

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