L'accord signé l'an passé entre le gouvernement et les sociétés autoroutières privées va coûter 500 millions d'euros aux usagers, dans la plus grande opacité selon l'Arafer.

Opération "péage gratuit" de militants Nuit Debout près de Toulouse
Opération "péage gratuit" de militants Nuit Debout près de Toulouse © Maxppp / MICHEL VIALA

L'Arafer, autorité de régulation des autoroutes privatisées à partir de 2005 par le gouvernement De Villepin, livre son premier rapport sur les comptes des concessionnaires autoroutiers, et il est édifiant: il révèle que l'une des conséquences de cette privatisation, le gel des tarifs des péages décrété en 2015, va coûter près de 500 millions d'euros aux usagers des autoroutes sur vingt ans.

Au départ, il y avait une apparente bonne nouvelle: le gouvernement Valls annonçait en 2015 qu'il bloquait l'augmentation, mécanique chaque année, des tarifs autoroutiers. Ce qu'il ne disait pas, c'est qu'après quelques mois de tractations avec les concessionnaires, Manuel Valls et Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, signaient, en compensation du gel des tarifs, un protocole d'accord qui prolongeait les concessions. Cet accord n'a jamais été rendu public, malgré les demandes insistantes d'associations de contribuables.

Les dessous d'une mesure populaire

Dans les conclusions de l'Arafer, on découvre que le gouvernement a bien accepté de compenser le manque à gagner des sociétés privées, après le gel des tarifs: ils sera en fait lissé sur les années 2019-2023, alors que Manuel Valls avait assuré qu'il ne serait pas compensé.

Ce sont bien les usagers des autoroutes qui vont payer la facture de cet accord: la somme de 500 millions d'euros supplémentaires sur 20 ans n'est pas très précise, elle est d'ailleurs contestée par Bercy et par les concessionnaires, mais selon l'Arafer, l'arrangement opaque de 2015 coûtera au final beaucoup plus cher aux automobilistes que si l"on avait appliqué la hausse des tarifs prévue. Dans le même temps, l'autorité de régulation indique que les opérateurs privés ne sont pas à plaindre: leur chiffre d'affaires a augmenté de 2,5% pour avoisiner désormais les 9,5 milliards d'euros.

►Invité du 7/9 ce mercredi 07 décembre, François Bayrou a dénoncé l'opacité "scandaleuse" entretenue par le gouvernement sur les conditions de la privatisation:

►Sur ce sujet, l'Edito Eco de Dominique Seux: "Les autoroutes remercient Royal"

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