Les agroculteurs contre l'écotaxe
Les agroculteurs contre l'écotaxe © ©PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Marc OLLIVIER / ©PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Marc OLLIVIER

Des agriculteurs ont mené mardi des dizaines d'opérations escargot sur les routes françaises pour protester contre la future taxe sur les transports et les portiques automatiques sur les axes secondaires.

Ils répondaient à l'appel de la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), majoritaire, qui réclame l'ajournement d'une mesure qui doit s'appliquer le 1er janvier 2014 et pénaliserait, selon elle, un secteur en difficulté.

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), principal syndicat du secteur, a apporté son soutien à cette journée de mobilisation et demande elle aussi un moratoire.

Des barrages filtrants d'agriculteurs ont été notamment installés dans la matinée près de Beauvais (Oise), Saint-Dizier (Meuse), Fleury-en-Bière (Seine-et-Marne), selon le centre national d'informations routières.

Le reportage de Yves-René Tapon à Rouen

Héritée du Grenelle de l'environnement, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, l'écotaxe est un prélèvement sur les transports de plus de 3,5 tonnes, dont les exploitants devront s'acquitter au même titre que tous les transporteurs.

Bruno Lemaire était ministre de l'Agriculture pendant le Grenelle de l'environnement. Il est aujourd'hui contre l'écotaxe et soutient les agriculteurs.

Quelque taxe que ce soit est insupportable pour les producteurs.

Lundi, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, avait défendu le bien-fondé de l'"écotaxe", affirmant qu'elle aurait un "impact économique limité" et ne créerait pas de concurrence déloyale avec les concurrents européens de la France, dont plusieurs ont déjà instauré une telle taxe. Son objectif est de faire financer l'usure des infrastructures routières par les transporteurs et d'inciter les chargeurs à privilégier des moyens de transport plus respectueux de l'environnement, comme le rail, les canaux ou les liaisons maritimes.

"La ménagère paiera plus chère"

L'écotaxe et les poids lourds
L'écotaxe et les poids lourds © Radio France

Mais selon la FNSEA, elle aboutira à une nouvelle pression fiscale qui engendrera une hausse de 5% à 10% du coût du transport, qu'il sera difficile de répercuter sur les prix de vente au consommateur.

"Les entreprises et exploitations agricoles n'ont pas la capacité à payer ce qu'elles considèrent comme un nouvel impôt qui ne fera que renforcer les pertes de compétitivité déjà enregistrées et induire de nouvelles suppressions d'emplois", écrit-elle dans un communiqué.

Pour l'organisation, cette taxe contredit la volonté de "redressement productif" affichée par le gouvernement. "La ménagère paiera plus cher, 50 ou 60 centimes de plus son kilo de tomates françaises, alors qu'une tomate belge ou marocaine n'aura pas cette taxe-là", a expliqué un producteur.

Pour la CGPME, "la mise en place de l'écotaxe viendra au contraire renchérir au niveau national de 4,8% le coût du transport des marchandises par la route. Les entreprises situées en zones rurales seront particulièrement pénalisées". La suppression de l'écotaxe est au centre des revendications de récentes manifestations organisées en Bretagne sur fond de multiplication des faillites dans le secteur agroalimentaire local.

La FNSEA compte sur le soutien des transporteurs, des 3 000 coopératives de France et sur celui des industries de l'alimentaire. Dans un communiqué commun, cinq organisations de transporteurs ont mis mardi le gouvernement en garde contre toute remise en cause du dispositif de majoration forfaitaire, qui répercute une partie de la taxe sur les donneurs d'ordre. Frédéric Cuvillier a toutefois laissé entendre que cette inquiétude était fondée sur des "rumeurs".

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