Peugeot PSA
Peugeot PSA © MaxPPP/L'Alsace/Lionel Vadam

Tension extrême autour de la table pendant plus de 4 heures hier soir. Le conseil de surveillance de Peugeot et son directeur ont fini par s'incliner. PSA laisse entrer l'Etat français et le chinois Dongfeng dans son capital.

Il s'agirait de lever environ trois milliards d'euros . L'Etat français et le constructeur automobile chinois Dongfeng entreraient au capital à part égale, soit environ 14 % du capital chacun, pour un investissement autour de 750 millions d'euros, avec un prix de souscription qui devrait être compris entre 7,5 et 8 euros.

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La famille Peugeot devrait en tout cas perdre une partie de son influence. L'accord définitif devrait être dévoilé lors de la présentation des résultats annuels du groupe le 19 février.

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Le groupe a fait état d'un recul de 4,9% de ses ventes d'automobile dans le monde en 2013, la performance du constructeur en Chine n'ayant pu compenser la faiblesse de ses ventes en Europe et l'interruption de ses livraisons vers l'Iran. En Europe, ses ventes ont ainsi chuté de 7,3% l'andernier.

Réactions politiques

Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, a déclaré sur RTL:

Nous sommes très attachés au devenir de PSA, nous sommes très attachés à son développement pérenne et nous sommes très attachés aussi à son ancrage français, ce qui n'exclut pas d'ailleurs des partenariats internationaux.

Jean-Louis Borloo, président de l'Union des démocrates et indépendants, était l'invité de la matinale de France Inter:

Jean-Louis Borloo
Jean-Louis Borloo © Radio France / Anne Audigier

Il faut évidemment que l'Etat français monte au même niveau et dans les mêmes conditions dans cette recapitalisation (que Dongfeng), ça me paraît absolument indispensable. Que ça permette à PSA d'être beaucoup plus international avec des partenariats puissants (...) c'est une nécessité économique (...) Je n'ai aucun doute sur le fait que le gouvernement sera très vigilant (pour) que ça reste une entreprise pour l'essentiel française. Il faut absolument que le pouvoir de décision, d'ingénierie et de conception reste, lui, sur le territoire français.

L'ancien ministre UMP, Bruno Le Maire a déclaré sur BFM TV:

Tout ce qui permettra à PSA de s'en sortir va dans le bon sens mais le soutien de l'Etat ne peut être que temporaire. Je ne pense pas que la place de l'Etat soit d'être dans des grandes entreprises industrielles.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a réagi sur France Info:

Je suis très inquiète (...) de la montée en puissance du chinois (...) On peut évidement imaginer que les Chinois auront tendance à pousser aux délocalisations et (...) au transfert de la recherche et du développement, ce qui aspirera l'intégralité de la richesse de PSA. C'est aussi un enjeu stratégique pour l'Etat, il faut qu'il y mette les moyens. Mais il faut aussi mettre en place une politique économique qui permette à PSA de ne pas mourir et ça c'est le protectionnisme.

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