Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est venu en personne présenter aux députés le rapport du gouvernement sur les exportations d'armes de la France en 2011. C'est un premier pas, symbolique et politique, même s'il reste beaucoup à faire pour savoir ce qui est vendu, à qui, et dans quelles conditions.

Le ministre s'est engagé à associer le Parlement pour un contrôle plus rigoureux et plus efficace de ce secteur sensible. Un projet de loi sera présenté pour sanctionner toute forme de violation d'embargos et un texte est à l'étude sur le contrôle des opérations de courtage ou d'intermédiation.

L'an dernier, l'industrie française avait fourni à la Libye de Kadhafi des matériels d'interception d'internet qui ne font pas partie des ventes légalement prohibées. Aussi la France est-elle à la recherche de moyens pour mieux contrôler les matériels dont l'usage est à la fois civil et militaire. Sur cette question, Paris et Berlin sont sur la même longueur d'onde.

L'an dernier, l'industrie française a exporté pour 6,5 milliards d'euros d'armes, dont 42% vers la région Asie Pacifique. Les plus gros contrats portaient sur la rénovation des Mirage 2000 indiens et la vente de deux BPC (Bâtiments de Projection et de Commandement) à la marine russe.

Sur une période de cinq ans, l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis sont les premiers acheteurs de matériel tricolore, ce qui place notre pays parmi les cinq premiers pays exportateurs mondiaux (Etats-Unis, Russie, Royaume Uni et Israël, sur la période 2006-2011).

Selon Jean-Yves Le Drian, l'année 2012 sera moins bonne que 2011. En 2013, certaines négociations d'envergure sont au programme (le Rafale en Inde ?) ce qui peut faire espérer un rebond important.

Le secteur industriel de la défense et de l'armement emploie 165.000 personnes en France, dont 20.000 très qualifiées dans la recherche et le développement.

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