Le nouveau patron de Disney, Bob Chapek, a annoncé la semaine dernière une restructuration complète du groupe Disney autour de ses grandes activités. Derrière cette stratégie, ressort une volonté de contrôler de plus en plus le chemin des films jusqu'à leur distribution… non plus au cinéma, mais en streaming.

La plateforme a été lancée en France en avril dernier
La plateforme a été lancée en France en avril dernier © AFP / Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas

Les productions Disney ont-elles un avenir au cinéma ? Ce n'est pas si sûr. Pour les équipes dirigeantes de Disney, l'objectif de développement numéro un est désormais le streaming. L'entreprise américaine, devenue en quelques années à force d'acquisitions (Marvel, Lucasfilm, 20th Century Fox, Pixar…) le géant incontestable du divertissement, a annoncé la semaine dernière une vaste réorganisation de son organigramme.

Chez Disney, il y aura désormais un pôle exclusivement consacré à la création de contenus (lui-même divisé en trois sociétés, les "Studios" pour les productions cinématographiques, "General Entertainment" pour la production télé et "Sports" pour… les sports)  d'une part, et un pôle dédié à la distribution et à la diversification d'autre part. "Notre nouvelle équipe de distribution mondiale va se focaliser sur la livraison et la monétisation de ces contenus de manière la plus optimale possible", a expliqué dans un communiqué Bob Chapek, le nouveau PDG de l'entreprise, nommé en février dernier. 

Une nouvelle stratégie autour du streaming

L'objectif de cette réorganisation ? Déployer les efforts de distribution sur le streaming : aux États-Unis, Disney possède non seulement Disney que nous connaissons aussi en France, mais aussi deux autres plateformes, Hulu (fruit d'un partenariat entre la Fox, Warner et Universal) et ESPN pour le sport. Le groupe devrait aussi lancer l'an prochain une version "plus adulte" de Disney avec des programmes issus d'autres studios qu'il possède, nommée "Star". 

En septembre, Disney a sorti pour la première fois un film qui était prévu pour le cinéma exclusivement sur sa plateforme Disney  : Mulan, adaptation du dessin animé du même nom, était disponible en ligne pour 30$, hors abonnement. La semaine dernière, elle a marqué un nouveau pas en avant : le film de Noël signé Pixar, Soul, sortira exclusivement sur Disney le 25 décembre… et cette fois sans surcoût pour les abonnés.

Pas seulement la faute du confinement

Si la crise sanitaire, le confinement et la fermeture des salles de cinéma ont certes accéléré les choses, ces critères ne sont pas seuls en cause, a expliqué le patron de Disney dans une interview à la chaîne américaine CNBC : "Je dirais que le Covid a accéléré le rythme de cette transition, mais elle aurait eu lieu de toute façon". La transition en question étant celle du "direct-to-consumer", comprenez de la "distribution directe au consommateur". Un terme très "business" qui cache une idée simple : maîtriser l'ensemble du parcours d'un film, de sa production à sa distribution.

Reste une question qui institue un biais vu de la France : aux États-Unis, rien n'interdit à un studio de sortir un film en même temps sur une plateforme et au cinéma. Se concentrer sur le streaming ne signifie pas nécessairement priver les salles de films. En revanche, dans l'Hexagone, la chronologie des médias obligera Disney à choisir entre les salles obscures et ses propres plateformes de streaming. La réponse est difficile à deviner… même si la sortie de Mulan en France, malgré un délai supplémentaire, aura également lieu sur Disney . 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.