L'ONG Oxfam dénonce, dans un rapport, l'inéquitable répartition des bénéfices entre actionnaires, investisseurs, salariés et État pour les entreprises du CAC 40. Une inégalité qui tend à s'accroître.

Le chiffre d'affaires du CAC 40 représente la moitié du PIB de la France
Le chiffre d'affaires du CAC 40 représente la moitié du PIB de la France © AFP / ERIC PIERMONT

Les richesses n'ont jamais été aussi mal partagées. C'est le constat de l'ONG Oxfam qui publie ce lundi une étude inédite sur la redistribution des bénéfices des entreprises du CAC 40 depuis 2009. 

Le document souligne que sur les dix dernières années, plus de deux tiers des bénéfices des entreprises du CAC 40 ont été reversés aux actionnaires, soit deux fois plus que dans les années 2000.

Les dividendes représentent depuis 2009 une part bien plus importante des bénéfices que la capacité à réinvestir et les reversements aux salariés.
Les dividendes représentent depuis 2009 une part bien plus importante des bénéfices que la capacité à réinvestir et les reversements aux salariés. / Capture d'écran - Oxfam

Le CAC 40, c'est 1 300 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit la moitié du PIB de la France, et un bénéfice record de 93 milliards d'euros en 2017. L'Oxfam souligne que ces entreprises ont totalement effacé les effets de la crise de leurs bilans, avec des bénéfices en hausse de plus de 60 % depuis 2009, mais... redistribués à 67,4 % aux actionnaires, contre 5,3 % aux salariés seulement.

15 fois plus pour les actionnaires que pour les salariés

En 2016, les entreprises du CAC 40 ont ainsi reversé près de 15 fois plus de bénéfices à leurs actionnaires (sous forme de dividendes) qu'à leurs salariés (sous forme d'intéressement et participation).

Un écart qui a tendance à s'accroître aussi par deux autres facteurs : l'inégale rémunération des salariés en fonction de leurs responsabilités et la pratique de l'optimisation fiscale. En mettant en œuvre des "stratégies d'évitement de l'impôt" conclue l'Oxfam, les entreprises maximisent leurs bénéfices "au mépris du manque à gagner considérable pour le budget de l'Etat et le financement de nos services publics".

L'ONG appelle ainsi les grandes entreprises françaises à prendre leurs responsabilités et l'État à agir contre la fraude fiscale. "Avec la loi PACTE (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises), écrit l'Oxfam, le gouvernement a l'occasion dans les prochaines semaines de s'attaquer à ces deux fléaux au cœur de la spirale des inégalités".

L'Oxfam appelle aussi à encadrer la rémunération des actionnaires et à mieux associer les salariés aux bénéfices.

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