Après neuf heures de négociation, ils obtiennent le doublement de leur prime supra-légale de licenciement. Chaque salarié recevra 2 000 à 2 400 euros d'indemnité. Chacun touchera aussi 400 euros nets par année d'ancienneté au lieu de 197 euros.

Des assemblées générales se tiennent jeudi dans les deux sites concernés de Lampaul et de Saint-Nazaire.Anne Patinec a assisté à l'Assemblée générale GAD de Saint-Nazaire

La réunion s'est tenue mercredi en préfecture de Quimper entre les syndicats et l'actionnaire majoritaire de GAD la Cécab. Cet accord a été obtenu en échange de la levée du blocage du site de Josselin dans le Morbihan. Ces mesures doivent être soumises aux salariés licenciés lors d'assemblées générales à Lampaul, à Saint-Martin-des-Champs et à Saint-Nazaire. En revanche, il n' y a aucun accord sur la cession des sites de Lampaul et de Saint-Nazaire. La Cécab ne veut les céder qu'à un repreneur d'un secteur d'activité différent pour éviter la concurrence.

Le résumé des neuf heures de négociation, Nicolas Blanzat

Du côté de la direction, Alain Perrin, le directeur général adjoint de la Cécab s'exprime pour la première fois.

Nous avons fait des efforts très importants.

"Des ouvriers qui tapent d'autres ouvriers"

Abattoirs GAD : "des ouvriers qui tapent d'autres ouvriers"
Abattoirs GAD : "des ouvriers qui tapent d'autres ouvriers" © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME / PHOTOPQR/LE TELEGRAMME

Mercredi, la situation était toujours tendue au sein des abattoirs GAD, entre ceux qui vont perdre leur emploi et ceux qui veulent le sauver. Après des affrontements hier entre salariés, ce sont les CRS qui ont levé un nouveau blocage.

Une cinquantaine d'ouvriers de l'usine de Lampaul-Guimiliau (Finistère), dont les 850 emplois disparaîtront dans le cadre duplan de continuation accepté la semaine dernière par le tribunalde commerce de Rennes (voir, se sont rendus pour la deuxième journée consécutive aux abords de l'abattoir de Josselin (Morbihan), qui sera renforcé.

Ils ont bloqué les accès du site avant d'être brutalement repoussés par quelque 200 ouvriers de cet abattoir qui ont quitté leur poste en tenue de travail pour faire barrage aux manifestants et pouvoir continuer à travailler. Durant plus d'une heure de face-à-face houleux, les forces de l'ordre ont dû s'interposer pour prévenir des affrontements plus violents mais deux blessés légers ont été relevés.

Après une nuit passée sur le site de Josselin, plusieurs ouvriers venus de Lampaul-Guimiliau, qui attendaient des renforts de leurs homologues de Saint-Nazaire, dont le site doit aussi fermer, se sont déclarés écoeurés par les différents heurts qui se sont déroulés dans le Morbihan.

"On a tout perdu", a déclaré, le visage défait, Marc Le Goas, représentant de Force Ouvière du site de Lampaul, situé dans une région déjà gravement touchée par les suppressions d'emplois dans la filière avicole. "Le Pen! Le Pen!", ont également scandé quelques ouvriers face aux gendarmes mobiles.

Près des accès de l'abattoir, bloqués depuis mardi matin, les gendarmes mobiles ont repoussé mercredi les manifestants afin de permettre l'entrée et la sortie de plusieurs camions. Durant plusieurs minutes, une trentaine de salariés se sont allongés sur le bitume, s'estimant trahis par les forces de l'ordre avec lesquelles aurait été négocié un filtrage heure par heure des camions.

Les salariés de Lampaul-Guimiliau, qui réclament une revalorisation de leurs primes de départ, bloquent depuis plus de deux semaines leur propre site afin d'obtenir des négociations avec la direction de la Cecab, dont Gad est une filiale, qui a refusé jusqu'à présent toute discussion.

Une rencontre entre des représentants de la Cecab et les délégués syndicaux du site Gad de Lampaul-Guimiliau était prévue mercredi pour tenter de débloquer la situation.

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