Les TER entre Paris et Granville carburent depuis ce mardi au colza. Une expérimentation qui va durer trois mois et participe de la volonté de décarbonation du rail.

Un train traverse des champs de colza en Allemagne, le 30 avril 2019.
Un train traverse des champs de colza en Allemagne, le 30 avril 2019. © AFP / Julian Stratenschulte

"C'est une première en France" se réjouit la SNCF. Avec un parc TER encore équipé à 50% de locomotives diesel, le groupe vise le "zéro émission" d'ici 2035 et saisit toutes les opportunités. À compter de ce mardi, les 15 rames de la ligne Paris-Granville passent donc au vert, ou plutôt au jaune, si l'on considère plutôt la couleur du colza.

Du colza 100 % végétal et français

Pour faire rouler ses trains, la SNCF utilisera du B100, un carburant 100 % végétal déjà utilisé pour les camions. "Adapter nos TER a été très simple", explique le directeur régional de SNCF Voyageurs pour la Normandie, Jean-Philippe Dupont. "Au niveau des moteurs, aucune transformation n'a été nécessaire puisqu'on peut utiliser ce carburant avec le matériel actuel. La seule chose qu'on a dû faire, c'est mettre en place une station service spécifique à Granville." 

Cette dernière sera approvisionnée par l'entreprise Valtris, qui à Verdun, dans la Meuse, à 600 kilomètres à l'Est, s'occupe de la transformation du colza local. Les quelque 800 tonnes nécessaires à l'expérimentation seront acheminées par camions citernes par Bolloré Logistics. "Des camions pour l'heure à moteur thermique, mais qui seront très vite remplacés, autant que possible, par des motorisations plus vertueuses", assure un porte-parole du groupe. 

L'espoir de propager l'idée à d'autres territoires

Le vice-président de la région Normandie Jean-Baptiste Gastine ne cache pas, de son côté, la fierté de voir se déployer sur son territoire ces trains d'un nouveau genre, tout en reconnaissant des améliorations à apporter. "C'est vrai qu'il y a une logistique particulière et la question du transport de la matière première mais _on parvient quand même à réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre_", assure-t-il. 

Si le colza devient véritablement le carburant des trains de demain, "il faudra probablement prévoir une logistique de plus en plus vertueuse avec une production et une transformation du colza au plus près des lignes qui l'utiliseront", estime Jean-Baptiste Gastine. Pourquoi pas, d'ailleurs, organiser un circuit court du colza par rail, ce qui pourrait constituer un débouché pour le fret ferroviaire de demain.

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