Neuf femmes politiques de tous bords dénoncent un recul du gouvernement sur l’égalité professionnelle. En cause, le projet de loi sur le dialogue social et l'emploi examiné jusqu'à vendredi soir à l'Assemblée nationale.

Dans cette tribune, publiée sur le site SOS égalité professionnelle, ces huit secrétaires d’Etat et une député s’inquiètent particulièrement de la suppression de deux outils indispensables, selon elles, à l’égalité professionnelle : le Rapport de situation comparée (RSC) et l’organisation d’une négociation spécifique . Le RSC, instauré par la loi Roudy en 1983, devait servir de document de référence pour mesurer les inégalités dans l’entreprise. Quant aux négociations sur l’égalité professionnelle, elles pourraient avoir lieu tous les trois ans, au lieu de tous les ans, même en cas d’échec d’un accord entre syndicats et direction.

Des adversaires politiques réunies par une même colère

Réunies autour d’Yvette Roudy (PS), Nicole Ameline (UMP), Marie-Georges Buffet (PCF), Cécile Duflot (EELV), Aurélie Filippetti (PS), Chantal Jouanno (UDI), Catherine Vautrin (UMP), Rama Yade (PR) et Marie-Jo Zimmermann (UMP). Des femmes politiques qui partagent peu de combats, mais il y a urgence, s’alarme Chantal Jouanno.

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Chantal Jouanno: "Les écarts salariaux sont encore colossaux"

Et les signataires de rappeler la publication récente d’un rapport du Conseil Supérieur de l’égalité professionnelle, qui montre la place encore importante des stéréotypes sexistes dans le quotidien des salariées.

Plus de 43 000 signataires

Marisol Touraine avait tenté de rassurer mardi sur ce volet de la loi :

L'égalité n'est évidemment pas une option (…) on ne simplifie pas sur le dos de celles (les femmes) dans les situations les plus fragiles.

Sans succès. Plus de 43 000 personnes, de nombreuses associations et syndicats, ont signé la pétition SOS égalité professionnelle, qui débute par cet état des lieux inquiétant : en France, en 2015, les femmes touchent 27% de salaire en moins que les hommes, 1 sur 3 travaille à temps partiel, elles sont majoritaires dans les métiers les moins bien rémunérés, aucune femme n'est à la tête d'une entreprise du CAC 40, elles touchent 40% de retraite en moins et 1 sur 5 est victime de harcèlement sexuel en entreprise.

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