C'est le 3e plus grand éditeur de jeux vidéo au monde, menacé depuis plusieurs mois par un certain Vincent Bolloré. Pour résister, il vient de sceller une alliance avec... Mario.

Shigeru Miyamoto (Nintendo) et Yves Guillemot (Ubisoft) sur la scène de l'E3
Shigeru Miyamoto (Nintendo) et Yves Guillemot (Ubisoft) sur la scène de l'E3 © Radio France / Hélène Chevallier

L'E3, le plus grand salon de jeux vidéo au monde ouvre ses portes à Los Angeles, après deux jours de conférences, ces grands shows à l'américaine où sont présentées les dernières nouveautés. L'un d'eux a fait sensation, celui de l’éditeur français Ubisoft. C'est bien simple : la salle entière était debout en voyant arriver sur scène Shigeru Miyamoto, l’une des plus grandes figures du jeu vidéo (créateur de Mario ou de Zelda notamment), aux côtés d'Yves Guillemot, co-fondateur d'Ubisoft.

Ubisoft a frappé fort dès le début : un jeu mélangeant le monde de Mario et celui des Lapins Crétins, énorme succès maison de l'éditeur, qui s'est chargé de développer cette nouvelle version. C'est une première, et une consécration pour Xavier Poix directeur général des studios français. "C'est une vraie fierté pour toute l'équipe, l'aboutissement de beaucoup de temps de travail. Monsieur Miyamoto, c'est celui qui a créé l'essence du jeu vidéo, et Mario est probablement l'une des figures du jeu vidéo qui nous a fait tous rentrer dans cette industrie à un moment donné."

Le jeu doit sortir le 29 août sur la nouvelle console de Nintendo, la Switch.

► ALLER PLUS LOIN | Avec la Switch, Nintendo veut reconquérir votre salon

"C'est grâce à cette indépendance qu'on fait d'aussi belles choses"

Rajoutez à cela l’annonce d'un nouvel épisode de la série Assassin's Creed, la confirmation d'un nouveau Far Cry (qui a beaucoup fait parler au moment de son annonce officielle fin mai) mais aussi de Beyond Good and Evil 2, suite d'un jeu vidéo culte, attendue depuis plus de dix ans par les joueurs, et vous avez de quoi largement satisfaire les fans, après des conférences un peu moins surprenantes de la part des concurrents. L'objectif étant toujours d'afficher une certaine singularité dans le paysage parfois très formaté des superproductions du jeu vidéo (les fameux "jeux AAA", dans le jargon).

Mais si Ubisoft a frappé si fort, c'est aussi parce qu'Ubisoft doit frapper fort. Depuis plusieurs mois, l'entreprise ne retient pas ses coups, menacée par une OPA hostile de Vivendi. Cette conférence, pour Xavier Poix, c'est aussi un message en direction de Vincent Bolloré.

Notre indépendance est clé, c'est grâce à cette indépendance qu'on fait d'aussi belles choses et qu'on prend des risques créatifs. On est forts pour innover, mixer cette innovation et cette créativité. Et c'est ce qu'on voulait montrer à l'E3.

Pari largement réussi, si l'on en croit les représentants de la presse étrangère sur place. Certains parlent même de "la meilleure conférence d’Ubisoft de ces cinq dernières années, et peut-être de cette E3".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.