France, Le Bourget 14/10/2014  Salon mondial des industries du secteur nucleaire. Les stands AREVA et EDF.
France, Le Bourget 14/10/2014 Salon mondial des industries du secteur nucleaire. Les stands AREVA et EDF. © Francois Lafite/Wostok Press

L'État français a validé le projet de reprise par EDF de l'activité réacteurs nucléaires d'Areva, confirmant le scénario d'une refonte radicale de la filière qui circulait depuis plusieurs mois. Il a également annoncé son intention de recapitaliser Areva "en investisseur avisé, à la hauteur nécessaire".

Le groupe nucléaire public, qui a accusé une perte de 4,8 milliards d'euros en 2014, a lancé un plan de sauvetage incluant un milliard d'euros d'économies sur trois ans et jusqu'à 6.000 suppressions de postes. Selon des estimations, les besoins d'Areva s'élèvent à un niveau compris entre 5 et 7 milliards d'euros d'ici à fin 2017.

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Dans un communiqué, l'Élysée a annoncé :

Sous réserve de la conclusion d'un accord de partenariat stratégique global avec Areva, EDF a vocation à devenir actionnaire majoritaire de la filiale commune Areva NP, qui rassemble les activités industrielles de construction de réacteurs, d'assemblage de combustible et de services à la base installée.

La présidence de la République, après une réunion interministérielle sur le sujet qui s'est tenue mercredi matin autour de François Hollande, a précisé qu'Areva conserverait dans sa filiale NP "une participation stratégique avec un pacte d'actionnaires". Toujours selon l'Élysée, Areva et EDF prévoient de finaliser les principes de ce projet "dans un délai d'un mois". L'État français détient environ 87% du capital d'Areva et 84,5% de celui d'EDF.

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Retards et surcoûts

Son projet doit permettre "une politique d'exportation ambitieuse et le renouvellement futur du parc nucléaire français", mais aussi une réduction des risques des grands projets en cours d'Areva, dont les réacteurs EPR en cours de construction à Flamanville (Manche) et en Finlande subissent d'importants retards et surcoûts.

Si le rachat d'Areva NP se concrétise, EDF a prévu de se doter d'une nouvelle division qui serait ensuite filialisée pour lui permettre de travailler avec d'autres clients et éventuellement faire entrer des partenaires à son capital. Les activités d'Areva NP emploient près de 17.000 personnes.

Les annonces du gouvernement interviennent au lendemain d'une journée de grève et d'actions qui a largement mobilisé les salariés d'Areva.Les syndicats du groupe s'opposent au projet de cession de l'activité réacteurs à EDF et refusent la suppression de 3.000 à 4.000 postes en France annoncée début mai.

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