La lettre d'Edouard martin à François Hollande
La lettre d'Edouard martin à François Hollande © copie écran Mediapart

"Monsieur le Président, après vos promesses, nous laisserez-vous être sacrifiés sans comprendre et arrêter cette mécanique à nous broyer ?" Le leader de la CFDT de Florange, Edouard Martin, a pris la plume, hier, pour écrire une longue lettre à François Hollande dans laquelle il explique pourquoi, selon lui, les hauts-fourneaux de Florange doivent être sauvés.

"Je ne veux pas rentrer dans ce genre de discussion, de polémique " lui a répondu aujourd'hui Jea-Marc Ayrault. "J'ai une responsabilité c'est de faire respecter l'accord qui a été passé ", a déclaré le Premier ministre sur RTL.

"L'accord c'est d'abord l'absence totale de plan social, ça concerne 630 personnes et c'est ces personnes-là qui auraient pu être victimes de licenciements ", a-t-il ajouté. "Et bien je ferai respecter cet accord et les organisations syndicales et leurs dirigeants le feront respecter j'en suis convaincu, il sera respecté cet accord ", a encore dit le chef du gouvernement.

Dans sa lettre ouverte Edouard Martin ce qu'il appelle les "mensonges" de ce dossier. Notamment le délégué CFDT estime que "les Français se font berner par Mittal " qui va en réalité "supprimer 800 emplois si on englobe la filiale GEPOR "

"Il n'y aura pas de plan social, écrit-il, parce que la pyramide des âges de l'usine conduira au départ naturel de plus de 600 personnes en trois ans. Dès lors, faire un plan social coûterait plus cher à Mittal qui devrait payer les indemnités de licenciement ", estime Antoine Martin. "Ne pas avoir de plan social est une bonne chose, mais ce n'est pas une victoire ", souligne-t-i

Le syndicaliste propose de revenir au plan Montebourg de nationalisation du site en attendant la reprise par un autre groupe sidérurgique.

"Le gouvernement laissera t-il faire (Mittal) ?", interroge Edouard Martin dans sa lettre, postée hier, jeudi, en début d'après-midi et publiée sur le site Internet du quotidien Le Républicain lorrain et par Mediapart.

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Edouard Martin, délégué CFDT de Florange
Edouard Martin, délégué CFDT de Florange © Radio France / Rachel Noël

L'engagement de Mittal à investir 180 millions d'euros sur le site mosellan est également dans le collimateur, car "ce montant contient les dépenses opérationnelles et de maintenance: ce qui reste pour les investissements stratégiques est insuffisant ", estime le syndicaliste. "Même la maintenance n'est plus faite correctement, les dépenses ont été divisées par deux depuis 2008 et Florange, comme Gandrange naguère et la plupart des usines de Mittal, est une usine qui se dégrade à vue d'oeil ", écrit-il au président de la République.

Pourquoi cette initiative personnelle ? (La lettre est signée Edouard Martin seul, ni de l'intersyndicale, ni la CFDT ne sont impliquées dans la démarche).

La réponse d'Edouard Martin joint par Sarah Tuchscherer de France Bleu Lorraine Nord

Cette lettre, c'est une tentative de plus pour que le président revienne sur sa décision. Si ça ne suffit pas, Edouard Martin promet un second round d'actions syndicales...

Edouard Martin joint par Sarah Tuchscherer de France Bleu Lorraine Nord

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