Comme le viaduc de Gênes en Italie, 10 000 ponts sont concédés à des sociétés privées en France. Et comme en Italie donc, ces concessionnaires sont censés respecter des règles strictes de contrôle et d'entretien.

Construction du dernier tronçon de l'A43 sur le viaduc de Saint-André, en Savoie (1999).
Construction du dernier tronçon de l'A43 sur le viaduc de Saint-André, en Savoie (1999). © Maxppp / Photo PQR / Le Dauphiné

Dès le lendemain de la catastrophe de Gênes et l'effondrement du viaduc qui a fait au moins 38 morts le 14 août, le gouvernement italien accusait le gestionnaire autoroutier italien Atlantia de ne pas avoir respecté ses obligations de contrôle et d'entretien du pont. La société s'est depuis défendue en invoquant, au contraire, le sérieux de ses contrôles de sécurité. 

Des contrôles également obligatoires de l'autre côte des Alpes, où la France compte 9 000 kilomètres d'autoroutes concédées.

Une visite de contrôle annuelle

La surveillance est la même pour les 10 000 ponts concédés à des sociétés d'autoroutes ou pour ceux directement gérés par l'État. Une inspection détaillée et réalisée par des experts doit avoir lieu tous les trois ans, en plus d'une visite annuelle qui, elle, peut être faite par le gestionnaire. 

Les objectifs, indicateurs et autres critères fixés dans les contrats de concession sont par ailleurs vérifiés tous les deux ans par des audits commandés par l'État. Le ministère des Transports affirme en outre que les sociétés alertent l'Etat avant même que celui-ci ne se rende compte d'éventuels problèmes, craignant sûrement les fortes pénalités prévues par ces contrats.

La France pas totalement à l'abri

Selon Jean-Michel Torrenti, ingénieur spécialiste en béton, il n'y a pas de pont comme le viaduc de Morandi en France. Il y en a d'ailleurs "peu dans le monde". Il "ressemble à un pont à haubans, sauf que ce sont des poutres en béton précontraint avec des câbles métalliques à l'intérieur". Toutefois, un rapport gouvernemental publié en juillet estime que 7% des ponts français non concédés, soit environ 840 ouvrages, ont de "sérieux" dommages et présentent, "à terme, un risque d’effondrement". En moyenne, ils ne sont réparés que vingt-deux ans après l’apparition des premières dégradations. Sans changement de politique donc, 6% des ponts pourraient être "hors service" dès 2037.  

Il faut se garder de penser que nous sommes en dehors de ces problématiques

Jean-Marc Tanis, président de l’Union des associations françaises de génie civil, considère même que les procédures françaises, bien que "très définies", ne nous mettent "pas à l'abri d'accidents majeurs". Constatant au quotidien l'augmentation du trafic et du nombre de ponts, il s'inquiète sur franceinfo des budgets "pas nécessairement affectés à la maintenance des infrastructures".

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