En France, les immatriculations de voitures neuves ont baissé de près de 14% l'an dernier. Du jamais vu depuis 15 ans. Les constructeurs tricolores en sont les premières victimes avec une baisse de plus de 17% pour Peugeot Citroën et 22% pour Renault. Le nombre des nouvelles immatriculations a chuté de 14,6% le mois dernier à 160.426 unités, a annoncé le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). En données corrigées des jours ouvrables (CJO), décembre ayant compté 20 jours ouvrables en 2012 contre 22 jours en 2011, la baisse ressort à 6%.

Sur l'ensemble de l'année écoulée, les immatriculations ont chuté de 13,9% en données brutes et CJO à 1.898.872 unités, le plus faible niveau qu'ait connu le marché français depuis 1997, année du contrecoup de l'arrêt des "jupettes", appellation des primes à la casse instaurées par le Premier ministre de l'époque Alain Juppé.

L'analyse de Bernard Jullien, Président du groupe d'étude et de recherche sur l'automobile

Le mois dernier, les immatriculations de véhicules utilitaires légers (fourgons et camionnettes) ont chuté de 21,6% en données brutes, et de 13,7% en données CJO, tandis que les immatriculations de véhicules industriels (camions et engins de chantier) se sont contractées de 16,6%.

LE DURCISSEMENT DU MALUS PROFITE AU PREMIUM EN DÉCEMBRE

Du côté des voitures, le dernier mois de l'année a été mauvais pour tous les généralistes, même pour le groupe Volkswagen qui tirait jusqu'ici son épingle du jeu et dont les immatriculations ont dévissé de 19,6%. Sur l'ensemble de 2012, le géant allemand limite toutefois la casse avec une baisse de 5,1% seulement. PSA Peugeot Citroën a accusé pour sa part un recul de 14,2% le mois dernier - avec une baisse de 10,3% pour Peugeot et une chute de 18,5% pour Citroën - tandis que le groupe Renault, dont le renouvellement de la gamme devrait se faire sentir surtout cette année, a poursuivi sa dégringolade(-27,1%).

Renault lancera cette année notamment les versions break et sport de la nouvelle Clio 4, la nouvelle Logan, le Kangoo restylé ainsi qu'un petit crossover. Décembre a été tout aussi douloureux pour des généralistes comme Ford (-40%), Fiat (-21,3%) ou Opel (General Motors ) (-16,2%). Toyota est parvenu en revanche à faire progresser de 6,3% ses immatriculations, tandis que le coréen Hyundai-Kia, s'il se montre prudent pour ses ventes mondiales en2013, a signé en France un nouveau bond de 33,3%. Le premium, dominé par le trio germanique Audi (VW), Mercedes et BMW, s'est quant à lui distingué à nouveau face aux généralistes. Il a également profité en décembre d'un afflux d'achats pour les flottes d'entreprises avant le durcissement du barème de malus qui pénalise les véhicules à plus forte cylindrée. Depuis le 1er janvier, il faut acquitter 100 euros pour l'acquisition d'un véhicule émettant 136 grammes de CO2 au kilomètre - le seuil de déclenchement était fixé à 141 grammes en 2012. Le montant du malus pourra désormais atteindre 6.000 euros pour plus de 200 grammes de CO2, contre 3.600 euros à partir de 231 grammes jusqu'ici.

Quelles perspectives pour 2013 ?

Selon le Comité des Constructeurs Français, l'année prochaine ne devrait pas être celle du redressement, tout au plus espère-t-il une stabilisation.

L'analyse de Marion L'Hour

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