Les agriculteurs vont poursuivre leurs actions
Les agriculteurs vont poursuivre leurs actions © MaxPPP

Le marché au cadran de Plérin comme lieu de ralliement. Aucun porc n'y a été vendu depuis lundi, en l'absence des deux principaux acheteurs. Les éleveurs demandent toujours l'intervention de Matignon et menacent de reprendre des actions plus fortes.

Des agriculteurs du Grand Ouest, certains accompagnés de leur famille, se sont retrouvés à Plérin (Côtes-d'Armor) où aucune cotation n'a eu lieu depuis lundi. Il ne représente que15% des ventes hebdomadaires mais fixe le prix de référence au niveau national.

Des acheteurs potentiels avaient fait le déplacement mais en l'absence des deux plus gros clients, Cooperl et Bigard/Socopa, les ventes ont encore une fois été suspendues. Les industriels dénoncent un prix trop élevé de la viande de porc alors que le gouvernement et les éleveurs s'étaient entendus sur la somme de 1,4 euros par kilo.

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Guillaume Garot est député socialiste de Mayenne et ancien ministre délégué à l'agroalimentaire. Pour lui, il faut avant tout améliorer la visibilité du marché pour les éleveurs. Il était l'invité du journal de 13h vendredi.

Retour à la manière forte ?

Déjà jeudi, plusieurs représentants d'éleveurs avaient menacé de reprendre des actions plus musclées pour tenter de se faire entendre et pousser Matignon à intervenir. Ils demandent des baisses de charges dans les exploitations et les abattoirs, pour pouvoir assumer la concurrence de la filière en Allemagne. Les agriculteurs bretons pourraient se diriger vers Rennes, et la préfecture de région.

Pour le président de la Coordination rurale, Bernard Lanne, le problème se situerait plutôt dans le manque de régulation au niveau européen.

En Normandie, la préfecture de région est déjà ciblée. 50 tracteurs et une quarantaine de bennes bloquent l'accès à la place depuis jeudi matin. Il s'agit en majorité d'éleveurs de bovins et de producteurs laitiers.

Aucun levier juridique mais table ronde

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a expliqué jeudi ne disposer "d'aucun levier juridique" pour relancer le marché de Plérin, puisqu'il est géré par une association. Seuls ses adhérents peuvent prendre ce type de décision.

Il a toutefois affirmé que le patron de Bigard lui avait promis d'acheter cette semaine 90.000 porcs au niveau national (comme il le fait d'habitude) au prix revalorisé de 1,4 euro le kilo, mais sans passer par le marché de Plérin. Et puis, le ministre de l'Agriculture a annoncé qu'une table ronde serait organisée la semaine prochaine.

Les éleveurs soulignent l'urgence de la situation, sachant qu'"un cochon prend un kilo par jour" et que son alimentation non prévue constitue un coût supplémentaire pour le producteur.

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