emmanuel macron veut rassembler et restaurer la confiance
emmanuel macron veut rassembler et restaurer la confiance © reuters
**Quelques heures avant l'annonce du remaniement, le désormais nouveau ministre de l'Économie se disait favorable à un assouplissement des 35 heures en cas d'accord avec les syndicats. Depuis, le gouvernement a réagi : pas question d'y toucher.** Étrange chose que le timing. Dimanche dernier, alors que le remaniement gouvernemental n'est même pas encore à l'ordre du jour (il ne sera annoncé que le lendemain), Emmanuel Macron donnait une interview au magazine Le Point. Interview qui, publiée aujourd'hui, prend une toute autre ampleur. **► ► ► À LIRE | [L'interview complète sur le site du Point](http://www.lepoint.fr/economie/emmanuel-macron-pret-a-autoriser-les-entreprises-a-deroger-aux-35-heures-28-08-2014-1857188_28.php)** Le ministre de l'Économie y dit notamment son point de vue sur les 35 heures, dispositif emblématique voté par la gauche et régulièrement remis en cause par la droite. Cette semaine encore, l'ancien Premier ministre François Fillon disait son regret de ne pas l'avoir réformé lorsque l'UMP était au pouvoir. C'est peut-être Emmanuel Macron qui le fera finalement à sa place : dans cet entretien, il se dit favorable au fait "d'autoriser les entreprises à déroger aux 35 heures". > Nous pourrions autoriser les entreprises et les branches dans le cadre d'accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération. C'est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à condition qu'il y ait un accord majoritaire avec les salariés ? **Les 35 heures ont déjà été largement assouplies : Véronique Julia détaille ces exceptions**
Une mesure qui permettrait, selon celui qui en est désormais directement responsable, de "sortir de ce piège où l'accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas". **Un discours qui tranche avec tout ce qu'on a l'habitude d'entendre au PS, Marc Fauvelle**
### Les syndicats sont vent debout Premier à réagir, Laurent Berger de la CFDT, selon qui déroger aux 35h n'est "pas une bonne idée". Chez Force Ouvrière aussi, c'est niet. Pour FO, les entreprises veulent la fin des 35h pour arrêter de payer des heures supplémentaires. **Cela veut dire moins d'heures supplémentaires payées aux salariés selon Stéphane Lardy de FO**
Ces déclarations devraient en revanche, [comme le discours de Manuel Valls mercredi à l'université d'été du Medef](http://www.franceinter.fr/depeche-lexecutif-et-les-entreprises-bras-dessus-bras-dessous), susciter l'enthousiasme des patrons français. Au Medef justement, la question n'est pas de revenir d'office aux 39h. La bonne solution serait de trouver des accords par branches voire directement dans les entreprises pour assouplir les règles quand la conjoncture le demande. **Thibault Lanxade du Medef appelle à libérer cette contrainte légale des 35h**
### Pas à l'ordre du jour, selon Matignon Même si ces propos ont été tenus avant l'arrivée d'Emmanuel Macron à Bercy, le gouvernement a tout de même dû réagir à la polémique montante. Non, il n'a "pas l'intetion de revenir sur la durée légale du travail à 35h", et de toute façon une modification relèverait "de la discussion entre partenaires sociaux", assure le Premier ministre dans un communiqué. Le ministre du travail lui-même entend clarifier les choses **Pas question de toucher aux 35h précise François Rebsamen, le ministre du travail**
Manuel Valls avait seulement évoqué lui-même, mercredi à l'université du Medef, une "action de simplification" du code du travail, sous réserve de négociations entre patrons et syndicats.
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