Il propose une reprise par l'État de la dette du groupe, et des investissements pour l'entretien des lignes. En échange, il faudrait abandonner les régimes spéciaux de retraite.

TGV de la SNCF en gare de Lyon, à Paris
TGV de la SNCF en gare de Lyon, à Paris © Radio France / Olivier Bénis

C'est une entreprise sensible, et le sujet y est encore plus sensible. Déjà inquiets sur l'ouverture à la concurrence, à laquelle la SNCF doit se préparer, les cheminots pourraient devoir faire face à une réforme en profondeur du groupe, et notamment la suppression des régimes spéciaux de retraite. Sujet si sensible que Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a rapidement modéré les propos présidentiels, promettant qu'on n'en était qu'au stade de la "réflexion" sur le sujet.

Dans l'entretien publié dans la revue interne du groupe, et relayé par Le Monde, Emmanuel Macron défend pourtant une réforme majeure, dont le "top départ" serait fixé à mi-2018 ou début 2019. Il demande "à la SNCF d'aller plus loin sur les réformes, le statut, la mobilité, le régime de retraite". Ce dernier serait progressivement abandonné, tout en garantissant à ceux qui y ont déjà cotisé ses bénéfices : "Ce qui a été acquis dans les régimes passés reste acquis et vous cotisez à un nouveau régime", assure-t-il.

Le président estime qu'il serait "injuste" de maintenir le régime des cheminots. Ils peuvent aujourd'hui percevoir leur pension à 57 ans, voire 52 pour les agents de conduite. En échange, l'État prendrait à son compte l'immense dette de la SNCF : 44,9 milliards d'euros pour SNCF Réseau, et 7,9 milliards pour SNCF Mobilités.

La SNCF possible "champion de la concurrence"

C'est un autre sujet majeur : l'ouverture du rail français à la concurrence, voulue par l'Europe (qui prévoit une ouverture à la concurrence en décembre 2019 pour les TER et progressivement de janvier 2019 à 2021 pour les TGV). Pour les sénateurs Hervé Maurey (UDI) et Louis Nègre (LR), qui ont rédigé une proposition de loi pour réformer la SNCF, cette dernière est "indispensable pour sauver le soldat SNCF". Une idée reprise par Emmanuel Macron, qui estime que "si SNCF, avec tout la force que vous représentez, sait s'adapter, elle sera le champion. La concurrence va aider SNCF dans les évolutions qui sont déjà en cours. Si vous voulez défendre votre entreprise, il faut la réinventer".

Sauf que cette réinvention risque de coincer assez rapidement sur le rail français. Le secrétaire général de l'UNSA ferroviaire, Roger Dillenseger, parle ainsi de "proposition malhonnête" : "demander une contrepartie sur les aspects sociaux et les conditions de travail par rapport à un engagement de l'État sur la construction des TGV, ce n'est pas acceptable". La CGT, de son côté, estime qu'il s'agit là d'un "contre-feu", destiné à détourner les mécontents de la journée de mobilisation du 12 septembre contre la réforme du Code du Travail (pour laquelle la branche cheminots du syndicat a déposé un préavis de grève).

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