La Dares, service des statistiques du Ministère du Travail, publie ce jeudi une étude menée sur 25 ans sur le type de contrats sur le marché du travail. La part des embauches en CDD a fortement augmenté, passant de 76% en 1993 à 87% en 2017. En quinze ans, la durée moyenne de ces contrats a été divisée par deux.

Une grande majorité des embauches se fait aujourd'hui en CDD
Une grande majorité des embauches se fait aujourd'hui en CDD © AFP / LOIC VENANCE

En 25 ans, la part des CDD sur le marché de l'emploi a nettement progressé : c'est ce qu'il ressort d'une étude publiée ce jeudi par la Direction des études et statistiques du ministère du Travail, la Dares. Celle-ci s'est penchée sur les chiffres des embauches et des ruptures de contrat sur les 25 dernières années

Le taux d'entrée en CDD multiplié par quatre

Et ce qu'il en ressort essentiellement, c'est que si la plupart des employés sont en CDI (88%, contre 12% de CDD, si l'on exclut les intérimaires), l'entrée dans les entreprises, elle, se fait essentiellement en CDD : dans les entreprises de plus de 50 salariés, le taux d'entrée en CDD a été multiplié par quatre depuis 1993, passant de 20,5% à 84%.

Autre enseignement de cette étude sur le long terme : la durée moyenne des CDD a dégringolé : elle était de 112 jours en 2001, et fait 46 jours aujourd'hui. Les contrats de moins d'un mois représentent désormais 83% de la totalité des CDD (contre seulement 57% en 1998). La médiane est elle aussi édifiante : en 2017, il y a eu autant de CDD de moins de cinq jours que de CDD de plus de cinq jours. En 2001, cette médiane était fixée à 21 jours. 

"Dualisation" du marché du travail

Pour la Dares, cela représente une "dualisation du marché du travail plus marquée entre les salariés en CDI et les autres multilpliant les contrats courts". Certains secteurs, notamment le médico-social, la restauration et l'audiovisuel, sont particulièrement friands de ces contrats courts, voire très courts (un tiers des CDD ne durent qu'une journée en 2017, et la Dares note un cumul de 3,5 CDD par trimestre en moyenne). 

Sur le plan des ruptures de contrats, la Dares note un changement à partir de la mise en place, en 2008, de la rupture conventionnelle, qui a causé une "baisse tendancielle" des démissions et des licenciements économiques. 

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