L'année 2017 a enregistré un recul du nombre de protestations en France selon le site "cestlagrève.fr" qui recense les mobilisations sociales. Mais est-ce la fin annoncée de la grève comme procédé essentiel de revendication ? Pas forcément.

Ouvriers d'ArcelorMittal en grève à Florange en mars 2012.
Ouvriers d'ArcelorMittal en grève à Florange en mars 2012. © AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Encore une idée reçue qui s'envole : les français, connus pour se mettre facilement en grève, auraient eu un petit coup de mou en 2017. C'est ce qu'indique en tout cas le site cestlagrève.fr, qui a décompté 712 grèves l'année dernière contre 8O1 en 2016 et 966 en 2015. Il est vrai qu'à l'époque la loi travail dite "El Khomry" avait à elle seule largement fait monter les statistiques. Malgré tout, c'est bien une tendance à la baisse qui se manifeste sur le long terme.

Mais le climat social a-t-il si profondément changé dans l'hexagone ? « Effectivement, quand on regarde les statistiques brut dans le secteur privé, la grève dite « traditionnelle » qui signifie d'arrêter le travail le jour J à l’heure H pendant plusieurs jours est, en effet, en déclin » constate dans un premier temps Stéphane Sirot historien du syndicalisme. « Mais, rappelle cet enseignant de l’Université de Cergy-Pontoise, c’est le cas depuis déjà vingt-cinq ou trente ans. »

Moins de grèves "traditionnelles" mais plus de "débrayages"

Pour ce spécialiste, si le nombre de jours de grèves diminue c’est d’abord parce que les formes de la contestation ont changé : « on voit monter en puissance et de manière régulière ce qu’on appelle les débrayages c’est-à-dire les arrêts de travail de très courtes durée qui peuvent être de quelques minutes, de quelques heures au maximum et parfois plusieurs fois dans la même journée. » Des actions qui suffisent dans beaucoup de cas, selon Stéphane Sirot, à désorganiser une production ou un service. Des mobilisations tout aussi efficaces mais « moins coûteuses » pour les salariés.  Si ces statistiques donnent « l’impression d’un déclin inexorable des conflits du travail et de la grève » conclut le spécialiste, « cela ne signifie pas forcément la baisse des conflits sociaux » mais plutôt, « l’évolution des formes de la conflictualité » 

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