Selon le dernier bilan de RTE (Réseau de transport d'électricité) en France, l'année 2020 a vu une baisse de la consommation d'électricité et une évolution de son origine. L'énergie éolienne est devenue l'an dernier la troisième source d'électricité dans le pays, derrière l'hydraulique et loin derrière le nucléaire.

Vue d'une éolienne près d'Illiers-Combray, dans le centre de la France
Vue d'une éolienne près d'Illiers-Combray, dans le centre de la France © AFP / Jean-François Monier

En 2020, on a moins consommé d'électricité en France, et on en a aussi moins produit : respectivement -3,5 % côté consommation (soit une baisse plus importante que celle qui avait suivi la crise de 2008), et -7 % côté production, un niveau record depuis 20 ans. Selon RTE, la cause principale, c'est l'épidémie de Covid-19, qui a eu "un impact majeur et immédiat sur la consommation d'électricité en France, dès que les mesures de confinement ont été adoptées".

Mais le plus intéressant, c'est que le mix énergétique a aussi changé, s'orientant vers des énergies plus renouvelables. Si la France reste extrêmement dépendante du nucléaire pour sa production d'électricité (67,1 % en 2020), l'hydraulique et l'éolien prennent une part de plus en plus importante. L'éolien vient même de dépasser le thermique (charbon, fioul, gaz) pour la première fois, devenant la troisième source d'électricité dans le pays.

Dans le détail, on constate en effet que les énergies renouvelables progressent dans le cocktail de la production française d'électricité : +17,3 % pour l'éolien, +8,4 % pour l'hydraulique, +2,3 % pour le solaire. À l'inverse, l'électricité française est de moins en moins thermique (-10,6 % en un an) ou nucléaire (-11,6 %).

Un parc de plus en plus important en France

Si l'on s'intéresse, non plus à la production électrique, mais aux sites qui permettent cette production, on constate que la tendance va, là aussi, vers plus de renouvelable. Le parc d'éoliennes (onshore et offshore) a ainsi progressé de 6,9 % en un an, 8,6 % pour le parc solaire. Dans le même temps, le nucléaire a désormais une capacité moindre, notamment suite à la fermeture des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (en février puis juin 2020).

Ce qui donne un parc de production d'énergie de plus en plus vert : les infrastructures produisant de l'énergie renouvelable (éolien, solaire, bioénergies) représentante 41,1 % de la capacité de production actuelle, contre 45,1 % pour le nucléaire et 13,9 % pour le thermique.

L'éolien français a encore du travail

Si l'on compare à nos voisins européens, l'éolien représente toutefois une part encore faible du mix énergétique français. En moyenne, selon le site spécialisé Wind Europe, l'éolien représente 16 % des besoins en électricité des Européens. Le site estime la part de l'éolien dans les besoins en électricité français à 9 %, ce qui reste loin derrière le Danemark, numéro un de ce type d'énergie (48 % de son mix énergétique), l'Irlande (38 %), ou l'Allemagne (27 %).