La tendance est désormais installée : le trafic aérien, dont on salue une croissance record en France en 2017, se concentre dans l’Hexagone sur les destinations que le TGV n’a pas phagocytées. Entre l’avion et le train, la complémentarité s’installe.

A Toulouse-Blagnac, le trafic aérien a progressé de 15% en 2017. Faute de TGV, et grâce aux liaisons province-province.
A Toulouse-Blagnac, le trafic aérien a progressé de 15% en 2017. Faute de TGV, et grâce aux liaisons province-province. © AFP / Pascal Pavani

Entre le train et l’avion, le partage de l’Hexagone se précise. Si le transport aérien français connaît une croissance record en 2017, +6,1% à 164 millions de voyageurs, le seul trafic intérieur, lui, progresse modestement, +3,5% à 32,1 millions de passagers.

Loin, très loin, des croissances et des volumes enregistrés par le ferroviaire l’an dernier : toutes les catégories de trains de la SNCF ont transporté davantage de voyageurs : +10% sur les TGV – 110 millions de personnes ont été embarqués –, +8 % sur les Intercités (26,6 millions), +4,6% sur les TER (336 millions) et +3,2% sur les Transilien (1,2 milliard).

Un exemple édifiant : sur les liaisons Bordeaux-Ile-de-France – la ligne à grande vitesse est achevée depuis juillet 2017 –, le trafic TGV a progressé de… +70 % en six mois, passant de 2,2 millions à 2,7 millions de passagers.

La revanche de la province

Mais s’il demeure difficile, désormais, de rivaliser avec le TGV, lorsqu'il existe, sur les grandes "radiales", les liaisons Paris-Province (ces lignes décrochent en décembre, à -3,4%), il n’en est pas de même lorsque Paris n’est pas dans la boucle. Une croissance record est enregistrée sur les déplacements de province à province, les liaisons transversales : +9,8% en métropole. 

Une tendance lourde, sur plusieurs années, qui tient de plus en plus à la désaffection d’un grand nombre de lignes ferroviaires. Désormais, selon l’Arafer, 80% des trains circulent sur 27% du réseau ferré. Si 9 Français sur 10 habitent à un (gros) jet de pierre d’une gare ne signifie en rien que Nantes soit facilement accessible en train depuis Toulouse.

En revanche, en avion, Nantes-Toulouse était, en 2016 déjà, dans le top 10 des lignes intérieures de la DGAC, dominé par Bordeaux-Lyon (50000 passagers transportés, +4,6% par rapport à 2016) et Lyon-Nantes. Conséquence, les aéroports de province, portés par de nouvelles lignes, connaissent de nouveaux pics de fréquentation. En décembre, Nantes Atlantique a passé le cap des 5 millions de voyageurs (+15%), tandis que Toulouse-Blagnac flirte désormais avec les 10 millions (+14,6%).

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