Alors que les députés s'apprêtent à discuter des modalités d'une plus grande transparence, France Inter vous révèle en exclusivité les résultats d'un sondage commandé par Oxfam. L'ONG réclame des mesures plus ambitieuses que ce que propose le gouvernement.

L'opinion française est favorable à une plus de transparence sur les écarts de salaires
L'opinion française est favorable à une plus de transparence sur les écarts de salaires © AFP / Florian David

Parmi les sujets sensibles qui seront débattus cette semaine à l'Assemblée nationale lors de l'examen de la loi Pacte, de nouvelles obligations de transparence sur les salaires, dans les entreprises de plus de 1.000 salariés. 

Une opinion publique très favorable à plus de transparence 

Selon un sondage Harris Interactive réalisé les 25 et 26 septembre auprès de 2.000 personnes pour le compte de l'ONG Oxfam, 70 % des Français se déclarent favorables à ce que les grandes entreprises publient les écarts de salaires par niveaux entre leurs salariés.

Les salariés du secteur privé s’y déclarent presque aussi favorables que les salariés du secteur public (68 % contre 73 %) . Les trois-quarts des Français s’accordent pour juger que les écarts de salaires sont aujourd’hui trop importants dans les grandes entreprises.

Aujourd'hui, il est relativement facile de déterminer le revenu moyen des salariés d'une grande entreprise, mais au-delà, c'est souvent l'opacité qui règne. Certaines entreprises ont néanmoins déjà mis en œuvre des politiques de transparence salariale, permettant par exemple aux salariés de se situer à l'intérieur de leurs services ou de leurs métiers. Mais la publication des salaires moyens "par niveaux" dans l'entreprise (par quartiles par exemple) est extrêmement rare.

Publication du salaire médian ou par niveaux, deux méthodes en débat

Le salaire médian, c'est la proposition du gouvernement. Dans un amendement au projet de loi Pacte, Bercy prévoit une obligation de publication du revenu médian au delà de 1000 salariés, c'est-à-dire le revenu qui divise la population d'une entreprise en deux parties égales (50 % des salariés ont un revenu supérieur, et 50 % un revenu inférieur).

Les États-Unis ont récemment mis en place cette méthode. Elle est critiquée par l'ONG Oxfam, à l'origine du débat ces dernières semaines en France, car elle ne permettrait pas de mesurer les écarts réels entre les bas et les hauts salaires, ainsi que leurs progressions respectives.

Ce que permettrait en revanche la publication du salaire par quartile de l'entreprise. Une méthode que viennent d'approuver les parlementaires britanniques, et qui s'appliquera donc à partir de 2019 aux grandes entreprises du Royaume-Uni.

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