Martin Winterkorn
Martin Winterkorn © MaxPPP / Michaël Kappeler

Martin Winterkorn a démissionné après trois jours de tourmente, et une chute vertigineuse du cours de Bourse du premier constructeur automobile mondial. Âgé de 68 ans, il dirigeait le groupe depuis 2007. Au sein de l'entreprise, on ne se réjouit pas de ce départ.

Le président du directoire de Volkswagen, Martin Winterkorn, a démissionné mercredi, assumant la responsabilité du scandale sur la falsification présumée de tests d'émissions aux Etats-Unis.

Les autorités américaines comptent lancer une procédure au pénal après avoir découvert qu'un logiciel équipant les véhicules diesel du constructeur permettait de modifier à volonté le comportement des moteurs selon qu'ils faisaient l'objet d'un test ou qu'ils assuraient une conduite normale.

Les événements de ces derniers jours m'ont choqué. Par-dessus tout, je suis abasourdi que des écarts de conduite d'une telle ampleur aient été possibles au sein du groupe Volkswagen

dit celui qui a présidé aux destinées du groupe de Wolfsburg huit années durant.

Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel , a salué la décision de Martin Winterkorn et a rendu hommage aux "réalisations incontestables" à mettre à son crédit. l s'est dit certain que Volkswagen pourrait clore rapidement le dossier des émissions polluantes.

Des têtes qui tombent

A la Bourse de Francfort, l'action Volkswagen, qui avait perdu plus du tiers de sa valeur depuis le début de la semaine, s'est nettement redressée ce mercredi avec un gain de 5,19%, à 111,50 euros, en clôture.

Le comité exécutif du conseil de surveillance , réuni mercredi pour entendre les explications du président de 68 ans sur un scandale sans précédent dans l'histoire du constructeur automobile, a annoncé de son côté qu'il fallait s'attendre à ce que d'autres têtes tombent dans les jours qui viennent.

Volkswagen a dit mardi qu'il constituerait une provision de 6,5 milliards d'euros pour couvrir le coût du scandale, une somme bien insuffisante aux yeux des analystes.

Le comité exécutif a précisé qu'il examinerait d'ici vendredi de nouvelles propositions de nominations à la direction et que, dans l'intervalle, Volkswagen déposerait une plainte au pénal.

Les explications de Nathalie Versieux à Berlin

Volkswagen a besoin d'un nouveau départ. Aussi en terme de personnel.

Les salariés inquiets

Martin Winterkorn, qui dirigeait le groupe depuis 2007, assura n’avoir commis aucun manquement. Mais il a choisi d’endosser la responsabilité du scandale. À Wolfsburg (Allemagne), fief de Volkswagen, de nombreux salariés ont accueilli cette annonce à regret.

Sébastien Baer est allé à leur rencontre, hier soir

C'est important d'envoyer un signe aux clients...

La crise VW
La crise VW © Radio France / idé
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